MUNICH

de Steven Spielberg

(Etats-Unis / 2005) ![]()
genre : thriller politique / 2h40
Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l'ombre...
Si ladage est connu, Steven Spielberg le met en image de manière implacable. Bien sûr, le conflit entre palestiniens et israéliens reste omniprésent et sert de toile de fond pour cette étude du mécanisme politique. Tout en évitant une rétrospective précise de la prise dotage des J.O. munichois, Spielberg choisit de nous servir quelques plans reprenant lessentiel de la tragédie, tout en nous montrant quelques images darchives télé et surtout la réaction des familles des otages et terroristes. Pour plus dinformations précises sur ce drame désormais tristement célèbre, je vous recommande le film documentaire « Un jour en septembre » qui décortique minutieusement les rouages de la prise dotage (voir mon avis ici) Spielberg ne prend pas vraiment parti pour son peuple dorigine qui cherche à venger, ou punir, La force du film reste quand même que lon comprend ce désir de vengeance tout en réprimant les méthodes employées. A travers certaines scènes, on sent le doute de la légitimité de tels actes, sinstaller et bouleverser les convictions les plus intimes. Sans compter que cette violence est dépeinte sans apologie de noble cause. Sans juger de manière ostentatoire les actes des terroristes, il sattarde ici sur le côté juif, où il montre le commando et le gouvernement israéliens dans ce quil a de plus humain, mais en même temps dans ce quil a de plus fourbe et calculateur (à croire que lun ne va pas sans lautre).
Les points de vues de chaque camp font finalement froid dans le dos, car au-delà des deux religions (pourtant non violentes à lorigine), on saperçoit que tout nest que politique avec tout Coté acteurs, si la traque humaine est de dimension internationale, le casting lest forcément aussi avec un lot dacteurs très impliqués dans le sérieux du projet. DEric Bana à Daniel Craig, en passant par Ciaran Hinds (toujours très bon) jusquà léquipe française emmenée par Matthieu Kassowitz, Yvan Attal et un Michael Lonsdale qui force le respect. En bref, un grand film, passionnant de bout en bout, comme sait les faire Spielberg quand il se lance dans des projets plus personnels et intimistes. Une réussite tant sur le plan humain et historique que sur le plan visuel. 18/20
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La vengeance est un plat qui se mange froid.
cest selon, les actes dun autre peuple qui lui cherche à faire entendre sa voix, quitte à passer pour des barbares, en tuant pour tuer, afin de montrer au monde quils existent. Loin de glorifier les procédés du Mossad (services secrets israéliens), il met en exergue la difficulté de rendre les coups et nous confond au silence et à linjustice ressentis par les juifs face à des terroristes accueillis comme des stars du rock, au retour dans leur pays.
Il dépeint également les engrenages et les conséquences des décisions politiques. Le sang appelle le sang, et face à deux peuples bien décidés à ne rien lâcher, lescalade de violence ne cesse de tomber dans la démesure. Il expose les points de vue de chaque camp dans une discussion entre juif et arabe aussi instructive que stérile, où lon se rend vite compte que cet absurde conflit na guère de chance de cesser un jour, tant ils sont pris dans une spirale de surenchère de violence et dhonneur. Les uns, adeptes de boucheries spectaculaires et propagandes médiatiques, face à un gouvernement de discrétion politique tout en étant passé maîtres dans la recherche des coupables, et davertissements efficaces mais non moins violents, bien que plus ciblés.
ce que cela comporte de mensonges, de complaisances justificatives, et dautres raisons plus obscures motivées par un honneur (juif ou arabe) devenu plus que discutable.