Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
01 Mar

VA, VIS et DEVIENS

Yaël Abecassis. Les Films du Losange

VA, VIS et DEVIENS

De Radu MIHAILEANU (2004)

En 1984, des milliers d'Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l'on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l'amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.

Les premières images soutenues par une musique retenant l’attention, donnent le ton du film. Un film qui ne laissera, de toute manière, pas indifférent, et qui, à travers le destin d’un jeune garçon au cœur d’un village éthiopien, va connaître la douleur de la séparation, l’exil, la découverte de pays aussi différents qu’insolites pour lui, et le prix du mensonge. Un mensonge qui lui sauve bien sûr la vie, mais qui va la rendre difficile à vivre.

     

Les Films du Losange

           

Au travers de situations qui appellent à la réflexion, notre jeune exilé, candide et désormais sans repères, devra se mesurer à la curiosité d’un peuple plutôt en proie aux sarcasmes et au racisme.

Côté réalisation, c’est tout à fait acceptable bien que sans réelle innovation. Mihaileanu (réalisateur de l’excellent « Train de vie ») n’a visiblement pas fait ce film pour être l’égal de Spielberg, et même si son œuvre (qui frôle les 2h30) comporte beaucoup de maladresses, le fond l’emporte au final ici sur la forme. Le propos du film, fort et porteur d’émotion, est cependant un peu gâché par le niveau d’interprétation. Certaines scènes manquent cruellement de naturel mais aucunement de sincérité, et les personnages, l’histoire et la musique sont suffisamment subtils pour faire oublier ces petites maladresses.  

             

Yaël Abecassis. Les Films du Losange  Les Films du Losange

            

Roschdy Zem et Yaël Abecassis apportent tous deux un peu de professionnalisme à l'ensemble, et nous livrent une prestation loin d’être ridicule, bien que manquant d’un petit quelque chose. Par ailleurs, le réalisateur réussit à travers quelques plans bien placés, à nous montrer toute l’absurdité de notre monde moderne, et des échanges entre des peuples pourtant si semblables. C'est aussi un bel hommage aux femmes du monde entier, et aux mères en particulier. Car entre celle qui accepte de le laisser partir, celle qui l'emmenera dans le bus, et celle qui l'adoptera, notre jeune héros passera entre les mains d'un amour inconditionnel, jusqu'à celui de cette jeune juive qui passera outre les préjugés, la morale et la couleur de sa peau pour lui offrir son coeur. Il découpe son film en trois parties importante pour son personnage. L'exil (où il quittera sa famille et sa terre), l'apprentissage de la vie (l'école, la religion, les relations humaines et la découverte de l'amour), et son personnage adulte enfin devenu quelqu'un. Va, vis, deviens...

Un film réussi donc, même si un peu téléphoné et prévisible parfois, émouvant et réfléchi qui donne la part belle à la réflexion, au verbe et au sens réel de nos vies d’humains.  Regarde, écoute et réfléchis. 16/20

 

Roni Hadar. Les Films du Losange  Roschdy Zem et Yaël Abecassis. Les Films du Losange

Les Films du Losange



Commenter cet article

Archives

À propos