CAPTIVITY

CAPTIVITY
De Roland JOFFE (2005)
La fille qui fait rêver le grand public... pour le meilleur et pour le pire.
Un soir, Jennifer est suivie dans la rue par un homme, qui parvient à la droguer. Elle se réveille dans une cellule préparée à son attention et remplie d'objets personnels volés dans son appartement. Son ravisseur l'oblige à regarder des vidéos de femmes torturées dans cette cellule, avant de la soumettre elle-même jour après jour à d'horribles sévices.
Durant son calvaire, Jennifer découvre qu'elle n'est pas seule. Un jeune homme, Gary, est également retenu en captivité dans la pièce voisine. Elle entre en contact avec lui, dans l'espoir de trouver une issue à son cauchemar.

Enième thriller horrifique de serial-killers, il faut croire que le public en redemande, car les sorties sont nombreuses et pas toujours des plus heureuses. Cest le cas de celui-ci. Lentrée en matière plonge tout de suite dans lambiance, avec sa succession de gros plans et la musique désormais propre à ce genre de film. On a déjà fait le coup dans Seven, dans la musique du générique. Tiens Seven, justement. Le film tente quand même de sen rapprocher Vous me direz, quel thriller un peu glauque na pas tenté de sen rapprocher ? Je suis daccord. Mais dans celui-ci, cest comme si le film prenait la continuité des meurtres sur le tableau dun des sept pêchés capitaux du film de Fincher, à savoir lorgueil. Souvenez-vous, pour illustrer son crime, le tueur voulait supprimer à une très jolie femme ce quelle estimait de plus précieux en elle, et sans quoi elle ne pourrait vivre Sa beauté.

Ici cest un peu la même chose. On le voit au travers de vidéos dinterviews du mannequin quelle interprète, sa vie repose sur la beauté, lattirance, et les regards osés, défiants quelle jette à lobjectif. Le réalisateur choisit pour cela Elisha Cuthbert, à qui il va faire subir toute une batterie dépreuves tordues. Fille de Jack Bauer dans la série 24 H chrono, il faut dire quelle est habituée à ce genre de rôle, tellement il lui est arrivé de choses durant les deux premières saisons. Un vrai chat noir, il faut le dire. Ce rôle est donc un peu dans la continuité de ce quon lui connaissait. Et cest vrai quelle le fait bien.
Malgré cela, il est tout à fait étonnant de voir un réalisateur de la trempe de Roland Joffé qui nous avait délivré des films superbes tels que La déchirure, Mission ou encore La lettre écarlate, s'essayer au slasher-movie. Car dans le genre tordu, celui-ci se pose là, et prend la succession de films comme Saw, Hostel ou encore Scream, bien que ce dernier soit bien largué côté imagination et violence. D'un sadisme rare, le film ne joue pas que sur la violence physique, mais aussi sur les peurs les plus primaires, l'isolement, les sons, les images aussi, à travers des vidéos des précédentes séances de tortures, censées conditionner la nouvelle victime.

Le problème, c'est que c'est du déjà vu et revu, ce qui fait que le film est prévisible et sans réelle originalité. Il faut reconnaître cependant un travail sur la lumière et les cadres, ainsi que les décors et une musique qui aide à rentrer dans l'ambiance. Pas assez toutefois pour en faire une référence du Thriller-horreur si courant ces cinq dernières années.
Au final, un film en demi-teinte et sans surprise, qui sinscrit dans la mouvance actuelle, mais qui napporte pas grand-chose de nouveau. Et ça nest pas prêt de sarrêter puis Michaël Haneke va sortir bientôt un remake de son propre film, avec séances de tortures ayant pour titre le doux nom de Funny Games (?!?!). 10/20

