10 000 B.C

de Roland EMMERICH

(Etats-Unis - 2008) ![]()
genre : aventure / 1h50
Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...
Tout comme ce fût le cas il y a quelques temps avec mon article sur Shining, je vais ici aller une fois de plus au contre-courant de la majorité des spectateurs ayant vu ce film au cinéma, ou en Blu-Ray comme cest mon cas. En effet, après avoir lu maintes critiques mettant en avant la stupidité de ce film, et sa non appartenance à ce que daucuns considèrent comme du cinéma digne de ce nom, je me pose donc en défenseur, toujours prompt à défendre ce qui peut lêtre à mes yeux (à défaut de ceux des autres) de ce film daventure préhistorique. Tout dabord, parce que ces derniers ne sont pas légion (La guerre du feu et Le clan de la caverne des ours), et que 10 000 est loin dêtre le navet que la presse et les spectateurs ont bien voulu voir en lui.
Certes, Roland Emmerich naura jamais lenvergure dun Spielberg ou dun Peter Jackson, ceci dit il possède indéniablement le sens du spectacle, et à linstar dun Michaël Bay, nous livre presque à chaque fois un spectacle visuel incontestable, même si la profondeur psychologique du message et de ses personnages peuvent être comparés à lextrême finesse de ce papier à joint si prisé par les rastas dont les personnages du film emprunte dailleurs leur coiffure.
Sil ne possède pas le sens de la formule de ses illustres confrères, Emmerich nen est pas moins
un cinéaste pour autant, qui avec une caméra est tout à fait capable de nous faire de la belle image. Et de la belle image, il y en a dans
Pour cela, il pose sa caméra en Afrique du sud, en Namibie (sur les lieux de tournage utilisés par Kubrick pour la séquence douverture de 2001) et surtout en Nouvelle-Zélande, là où Jackson réalisa intégralement sa trilogie, devenant par là même le véritable seigneur des anneaux.
Se sachant limité sur le domaine des films à messages, en bon entertainer quil est, Emmerich compense sa faiblesse en mélangeant les genres, afin de nous conter une sorte de légende que
certains trouveront abracadabrantesque, mais qui pour ma part me satisfait pleinement en terme de divertissement pur et simple. Prenez donc une pincée dHélène de Troie (le « héros » trouve le courage daffronter tout un peuple pour le seul amour dune femme), un zeste de Moïse (lélu décrit par une légende libèrera les esclaves), mélangez le tout à une civilisation pré-égyptienne qui pose les bases dune civilisation avancée (donc tyrannique et vouée à la disparition et au mystère éternel), et prenez quelques références cinématographiques telles que Braveheart (au fur et à mesure de son voyage, notre William Che Guevara Wallace lèvera une armée de fidèles ralliés à sa cause révolutionnaire) ou encore Apocalypto (des vilains méchants enlèvent les membres de sa tribu pour en faire des esclaves, prêts à être sacrifiés au besoin) sur fond de mysticisme ancestral, et vous aurez une bonne vue densemble de 10 000.
Cest certain
vu comme ça, le projet tout entier manque doriginalité et de personnalité, et peut
dans la moindre mesure ne pas être très attrayant. Mais à la vision du film (que jai loué par curiosité et parce que jaime bien Emmerich finalement), tout dabord, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, et jai été subjugué par la beauté des images, et surtout le soin apporté aux ambiances. Emmerich soigne ici à lextrême ses plans, ses cadres, sa lumière (naturelle la plupart du temps puisque tournage en extérieur)
le tout bien encadré par des effets spéciaux qui tiennent la route la plupart du temps (impressionnants mammouths). La caméra plane, virevolte, faisant de certains plans de vrais moments de cinéma. Si on reconnaît une légitimité cinématographique certaine à luvre de Jackson (Sauron and Co, King Kong le refaisage) ainsi qu'à la saga jurassique de tonton Spielby, force est dadmettre quEmmerich mérite sa part du gâteau.
Parce quil faut bien trouver matière à chipoter un peu (il y a toujours un mais), le seul défaut, le seul point faible de ce film se trouve probablement (très certainement dailleurs) au niveau des acteurs. On commence à connaître le bonhomme Emmerich préfère tourner avec des acteurs peu connus, afin de concentrer un maximum de budget pour les effets spéciaux et visuels. En effet, en VO comme en VF, le jeu dacteur nest pas vraiment latout majeur de ce film, et gâche par moment les gros efforts faits sur le reste du film.
Un film donc taillé pour le Blu-ray, sur lequel le spectacle est grandiose. En bref, et pour ne pas irriter davantage ceux qui considèrent le cinéma commercial comme nétant pas digne dexister, je terminerai en disant que ce film daventure préhistorique, pur divertissement à ranger dans les blockbusters et autres « pop-corn movies », est pour ma part, visuellement beau à regarder, pour peu que lon saffranchisse de toute considération historique, et surtout de la sacro-sainte crédibilité visuelle. Le voyage dans
Noubliez pas ce nest que du cinéma !
14/20