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25 May

A VIF

Warner Bros. France

(The brave one)

De Neil JORDAN

(Etats-Unis – 2007)

1h55

 

Erica Bain a trouvé dans les rues de New York son domaine d'élection. C'est là qu'au fil de ses longues marches, elle recueille les sons et les histoires vécues qui alimentent son émission radiophonique "Street Walk". Le soir, elle rejoint l'homme de sa vie, son fiancé David Kirmani. Mais, une nuit, le couple est sauvagement agressé aux abords de Central Park ; Erica, grièvement blessée, a en outre la douleur de perdre son compagnon.
Erica se remet lentement de ses blessures, mais non de la perte de David. Pire, la ville qu'elle aimait tant lui inspire désormais une profonde angoisse. Ses lieux les plus familiers, les plus accueillants, lui sont devenus aussi étranges qu'inquiétants.
Erica décide d'agir contre cette peur qui menace sa raison. Elle s'achète une arme. Elle tue une première fois, en état de légitime défense, puis une deuxième fois alors qu'elle aurait pu se mettre à couvert. La peur qui la paralysait depuis des semaines, s'envole du même coup, cédant la place à une obscure et indéfinissable pulsion. A chaque fois qu'elle tue un nouvel agresseur potentiel, Erica a le sentiment d'occulter un peu plus son drame, de remonter le fil du temps, de ramener David à la vie.
La population suit avec une fascination horrifiée les exploits de ce mystérieux "justicier", et le lieutenant du NYPD Sean Mercer finit par soupçonner Erica, avec laquelle il a noué une étroite relation...

 

Jodie Foster. Warner Bros. FranceSur une histoire basique de vengeance à laquelle on prend goût, le film fait inexorablement penser à Un justicier dans la ville, version féminine.

Mais s’arrêter à cette simple comparaison serait terriblement injuste et surtout réducteur. Car sous couvert d’une histoire maintes fois portée à l’écran, le scénario est bien plus subtil qu’il n’y paraît et décrit, avec une intensité rare, les sentiments éprouvés lors de la perte d’un être aimé. Mais aussi tout ce qui découle d’une violente et traumatisante agression physique.

Le côté psychologique n’est pas en reste et est conforme à ce que l’on déjà vu par le passé…La victime commence à développer une profonde anxiété, suivie d’un début d’agoraphobie (la victime à peur du monde extérieur, et préfère la sécurité de son « chez soi »). Lorsqu’elle réussit à sortir enfin, c’est pour être apeurée du moindre bruit qui lui rappelle le pire. La paranoïa fait alors son apparition, surtout que les services de police chargés de retrouver les coupables, traite la victime comme un dossier standard et non prioritaire puisqu’il n’y a plus danger immédiat.

Délaissée par tous, la peur s’étend aux endroits connus, autrefois aimés. Survient alors le désir de se protéger soi-même, d’acheter une arme (si besoin illégalement). Arrive alors la lente transformation de la personnalité (nécessaire à la survie de soi, et dans une moindre mesure des autres)…celle d’autrefois n’existe plus, et fait place à une nouvelle dans une ivresse d’un pouvoir chaque fois plus puissant quand il est finalement dompté.

Voici pour l’introduction de ce film qui s’annonce différent de ce qui a été fait par le passé. Ce pour plusieurs raisons…La première, et la principale, s’appelle Jodie Foster. Elle trouve ici unJodie Foster. Warner Bros. France rôle à la hauteur de son talent, qui n’est plus à prouver après ces précédents rôles tels que Taxi driver, Les accusés, Le silence des agneaux, Sommersby, Nell, Contact et Panic Room. Son dernier film en date sera donc à ajouter dans la longue liste de ses rôles forts et poignants. Elle prête sa frêle silhouette, son charme et sa sensibilité à un personnage touchant et ambigu, qui personnellement  m’a donné un frisson de compassion, dans des scènes d’une beauté troublante malgré la laideur de ce qu’elles montrent.

Toute l’ambigüité est là, et c’est une autre des raisons de la différence de ce film.  Ce dernier explore la conscience humaine et féminine de son personnage avec une rare habilité, avec une intensité palpable, le tout porté par une musique appropriée qui renforce le processus intimiste du cas de conscience, de la légitimité de ces actes pourtant répréhensibles, mais que l’on comprend profondément quand on les ressent avec ses tripes.

Un film sensible donc, parfois émouvant, interprété avec brio par une Jodie Foster littéralement habitée, brillante…hallucinante, et qui relance le sujet tabou, discuté, et discutable de la légitime défense et surtout de l’auto-justice. Jodie Foster retranscrit à merveille cette ambigüité du personnage, qui devient d'une sauvagerie primaire assez surprenante, après le meurtre de l'amour de sa vie, et où elle peine parfois à se reconnaître elle-même. Il faut passer outre la mollesse de la réalisation, le style différent des polars d'aujourd'hui pour essayer de comprendre intimement ce que peut provoquer un tel évènement chez ce personnage. Personnellement, je n'ai qu'à penser à ma fille, et bien que je sois contre la peine de mort, il se pourrait bien que je presse la détente moi aussi. Comme le dit son personnage, on ne recolle pas les morceaux après un tel choc psychologique, on devient quelqu'un d'autre. On oublie tout ce qu'on a appris, tout ce que l'on est, ce que l'on voulait vivre.

                         

Jodie Foster. Warner Bros. France

       

De comprendre aussi cette relation étrange qu'elle entretien avec le flic, et la décision de ce dernier qui ne convaincra pas tout le monde.

Tout dépend de notre vision des choses, de nos sentiments, nos convictions, nos préjugés...et heureusement que nous n'avons pas tous la même pensée unique, ce qui prouve que nous existons en tant qu'individu propre à penser par lui-même.

Le réalisateur irlandais Neil Jordan, auteur du grandiloquent et visuellement très réussi Entretien avec un vampire signe là un film extraordinaire, loin des films d’actions traditionnels ou des thrillers musclés qui avaient pour thème le même sujet. Il filme tout en douceur, tel un photographe urbain les rues de la ville, arpentées par un personnage meurtri dans sa chair et surtout dans son cœur. Mais il n’oublie pas cependant de se réveiller dans les scènes de meurtres, parfois sauvages et intenses.

Réussi sur tous les plans, ce film est à réservé aux amateurs de films psychologiques. D’un rythme posé, structuré, profond, il fait désormais partie de mes coups de cœur absolus, et ne manquera pas de vous subjuguer par beauté cachée, à l’image de son actrice principale, que l’on a irrésistiblement envie de protéger. Superbe. 18/20

          

Bande-Annonce  ICI

   

Naveen Andrews et Jodie Foster. Warner Bros. France

A noter également la performance de Terrence Howard, loin d’être ridicule, celle de l’ex-soldat iraquien de LOST Naveen Andrews, et les débuts à l’écran de Zoë Kravitz, la fille du rocker romantique.


Découvrez Sarah McLachlan!

Un des titres utilisés sur la Bande Originale du Film.



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B
Je suis du même avis que eels.Un film qui aurait pu être largement mieux.A part le début assez choquant,rien de bien terrible.
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K
J'ai vu Death sentence, comme je l'ai écrit dans les coms...je ne sais pas si tu as lu tous les commentaires tellement il y en a une tartine, mais le film avec Bacon manque singulière de finesse, et reste un simple film d'action, certes très efficace, mais qui manque de recul justement. A vif, prend le temps d'analyser les choses, le temps de la réaction psychologique, lente, et cette immuable réaction de morte-vivante, qui se pose la question sur ses propres réactions, ses pulsions meurtrières motivées par l'injustice et le ras-le-bol. A vif est donc beaucoup plus sensible, et ne fait en aucun cas l'apologie de l'auto-justice...bien au contraire. Jordan montre qu'en exerçant cette justice, on se perd soi-même, on devient quelqu'un d'autre, on perd tout repère avec sa réalité, sa vie passée et par là même sa vie future. Death Sentence et le personnage de Bacon ne proposent rien de tout ça et verse dans la réaction primaire de la vengeance, cette dernière entraînant la mort des siens. Plus stupide encore, la dernière image montre bien qu'il est devenu identique à celui qu'il éxècre. Le personnage de Foster reste humaine malgré tout, sensible, bien qu'une partie d'elle soit morte avec l'amour de sa vie. Tu as donc exprimé ton désaccord, mais il semble que nous n'avons pas la même vision de ce film. Tu n'es pas le seul à réagir de la sorte, de même que je ne suis pas le seul à penser ce que j'ai écrit dans mon article. Le nombre de commentaires en témoigne ;-)
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E
désaccordAlors là je tiens à exprimer mon désaccord!<br /> Un film qui vante la loi du talion et qui en fait l'apologie sans jamais prendre de recul...<br /> Ds le même genre, je conseille plutôt death sentence
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K
Ah... ainsi donc, tu serais plus du côté de Stoni qui ne trouve pas trop crédible le fait de réagir de la sorte pour un bout de femme lambda. <br /> J'ai dû loupé ton article, car je n'ai pas souvenir de l'avoir vu, et lu bien sûr. <br /> Mais en ce qui me concerne, je trouve que Neil Jordan rend avec une certaine habilité, le fait justement que ce soit une femme, par ailleurs d'allure frêle et innofensive...les actes violent qu'elle va commettre ne sont alors que plus choquant. Ceci dit, j'ai été profondément touché par le cheminement psychologique, assez lent finalement, qui rend crédible (toujours pour moi bien sûr) ce passage à l'acte, dans une sensibilité à fleur de peau...Avif !<br /> Merci d'avoir répondu à l'invitation ;-)
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C
je réponds à ton invitation pour mon avis sur "A vif".. Ben, pour etre franc, et comme je le met dans mon blog, ce n'est pas un chef d'oeuvre, pas un navet. Mais bon, vraiment pas de quoi s'enflammer... A part pour Jodie Foster que j'adore et que je trouve sublime... Mais être un justicier quand on fait 1m62 et que l'on doit faire 50 kilos toute mouillée... Ca laisse songeur, même si on est armé...
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