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10 Feb

300

Warner Bros. France

300

De Zach Snyder (2006)

Adapté du roman graphique de Frank Miller, 300 est un récit épique de la Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.

A l’heure ou le cinéma s’empare de plus en plus des légendes du passé, qu’elles soient vraies ou non, les légendes étant par définition une part infime de vérité et beaucoup  d’enluminures, on redécouvre certaines des valeurs d’un passé révolu, où les héros, (ici des féroces guerriers bodybuildés) se battent déjà pour des choses politiques (invasions de territoires). Mais des guerres aussi où s’entremêlent parfois de simples histoires de fesses (Hélène de Troie).

Dès lors vont apparaître des héros imaginaires, plus ou moins vertueux mais on ne peut plus droits dans leurs bottes. Des héros qui vont apparaître dans les légendes historiques (Ulysse, Hercule, Persée etc…), les BD (Rahan, Alix) ou  la littérature (Tarzan, Conan), premiers supports de rêves héroïques pour les adolescents que nous avons tous été, ou que nous sommes encore (c’est généralement vers cet âge que l’on découvre ces personnages emblématiques qui forgeront nos bases culturelles).

                        

Gerard Butler. Warner Bros. France

Ces héros, si puissants, dans leur force et leur mental, ne seront dès lors pas de doux agneaux et n’auront rien du Mahatma Gandhi. Si vous les frappez sur la joue droite, n’espérez pas qu’ils tendent la gauche, et préparez-vous plutôt à vous faire défoncer la mâchoire. On adopte le précepte multimillénaire d’œil pour œil, dent pour dent. Apparaît alors une violence qui sera la marque de fabrique de ces héros, car celui qui nous meurtrit est à la base plus fort que nous et pour le vaincre il faut une force plus évidente encore.

                

Gerard Butler. Warner Bros. France   Michael Fassbender. Warner Bros. France

C’en est donc fini des parlementations interminables à coups de manipulations psychologiques, de force d’esprit, et le combat se déterminera au tour de biceps. Rien n’empêche qu’il y ait une certaine intelligence dans les combats, on parle alors de stratégie.Même encore aujourd’hui, si les muscles ont disparu, c’est toujours celui qui a la plus grosse…armée ou bombe qui prendra un avantage certain sur l’autre. Une dissuasion militaire parfois aussi rapide qu’efficace bien qu’extrême.Un héros, un guerrier, est donc par définition violent, même si la cause qu’il défend est juste, et ils ont tous à leur compteur des morts violentes par découpages de bidoche, décapitations et j’en passe (voir le dernier en date John Rambo qui tire à bout portant avec du gros calibre ou utilise des explosifs pour éparpiller ses ennemis façon puzzle). La violence, il faut bien l’avouer fait partie intégrante de l’être humain. Et loin d’en faire l’apologie, les films comme Braveheart, Gladiator ou 300 et Kill Bill, traitent cette violence de manière visuelle, graphique, dans des œuvres d’auteurs aussi différents que passionnés.

                           

Warner Bros. France

               

Oui, on aime tous la violence, qui n’a pas jeté un œil sur deux camarades qui se battent dans la cour de l’école ou un grave accident sur l’autoroute, qui n’a pas vibré devant le duel des bleus et des All blacks, devant des combats de boxe, qui ne s’est pas défoulé sur Tekken, et qui n’a pas fermé les yeux devant les images de camps de concentration montrées au procès de Nuremberg. Il y a ce besoin de violence virtuelle ou par procuration, afin d’expurger nos sentiments et se défouler, et cette violence réelle que l’on voit dans toutes les guerres, celle du débarquement du Soldat Ryan, des guerres de tranchées ou des attentats suicides sur des marchés du Moyen-Orient, celles qui remettent les choses en place.

                     

Warner Bros. FranceWarner Bros. FranceDennis St. John. Warner Bros. France

               

Ce n'est pas tant une question d'aimer la violence ou pas, bien qu'elle nous fascine tous, c'est juste que l'on sait que c'est du cinéma et pas la réalité.A partir de cette façon de penser, adapter le mythe des guerriers spartes en faisant une œuvre visuelle originale, ne pouvait que donner quelque chose d'exceptionnel.On parle ici de cinéma et de légendes, mélange de BD, de peinture, et de fresque cinématographique grandiose. J’ai lu des critiques on ne peut plus négatives (ce n’est pas la question, chacun voit midi à sa porte et est libre de penser ce qu’il veut) mais pour des mauvaises raisons. Je comprends que l’on puisse ne pas aimer, c’est en effet très spécial, très violent. De là à dire, comme certains l’ont écrit sur des sites du Net (et même des journalistes), que ceux qui aiment ce film n’ont plus qu’à envoyer leurs enfants dans une armée dictatoriale et les envoyer faire des massacres en Irak, c’est absolument réducteur et stérile, sans aucune ouverture d’esprit.

                   

Gerard Butler et Vincent Regan (au centre). Warner Bros. FranceTyler Max Neitzel. Warner Bros. FranceTom Wisdom, Gerard Butler et Vincent Regan. Warner Bros. France

            

Même certains Disney sont très violents, mais là comme par hasard, du moment que c’est estampillé Disney, ça passe comme une lettre à la poste (et je sais de quoi je parle, je suis facteur ;-) ) Mais il y a dans chaque Disney, une violence latente censée éduquer une enfance qui doit se préparer à la dure réalité de notre monde moderne (la mort de la mère de Bambi en a traumatisé plus d’un, et celle du père de Simba, attristé bien d’autres).

Si l’on regarde bien l’entrée en matière de 300, c’est exactement ce qu’il se passe. On ne baratine pas les enfants avec un Père Noël, une souris qui transforme des dents en pièce de monnaie, ou des anges gardiens qui veillent au dessus de leurs têtes. Quant au loup qui fait peur, tu vas aller le combattre toi-même afin de devenir un homme… ce n’est qu’un animal qui saigne, donc qui peut mourir. Ce qui ne tue pas te rend plus fort ! Mon enfant, ici  ton cadeau sera de te sortir vivant d’un combat inéluctable, les dents, tu iras toi-même les prélever chez ton adversaire, quant aux anges gardiens, ils ne sont pas au-dessus de ta tête mais à tes côtés, ces frères d’armes qui combattent avec toi. Il n’y a ici ni mensonges, ni histoires, ce n’est que le reflet d’un monde, certes sublimé par un traitement graphique et une histoire scénarisée, et qui met en avant certains codes d’honneur et de courage, qui amène plus le respect que le dégoût devant ces flots d’hémoglobine.

                 

Gerard Butler et Peter Mensah. Warner Bros. FrancePeter Mensah. Warner Bros. FranceGerard Butler. Warner Bros. France

            

Oui, c'est violent… 300 contre 1 million c'est sûr qu’ils n’y sont pas allé avec une bible à la main (surtout que ça se passe bien avant la naissance de Jésus) ou un couteau suisse. C’est aussi très manichéen, les fiers Spartiates qui n’ont rien demandé contre les nombreux et vilains Perses. Il y a aussi son lot de trahison (Ephialtès) et d’arrangements secrets (la reine qui offre sa chair en échange de la vie de son roi de mari).

Certes, on est plus chez l’oncle Walt, mais il y a cependant toutes les notions que l’on retrouve chez lui. Et ce roi Léonidas (qui n’a rien à voir avec les chocolats !), interprété avec un charisme certain par Gerard Butler (qu’on avait déjà remarqué aux côtés de Christian Bale dans le très bon « Règne du feu ») n’a rien à envier au héros sombre de Robert E. Howard (qui a écrit six ou sept histoires superbes de Conan) ou au puissant Maximus de Gladiator. Côté acteur, on notera aussi la présence de David Wenham, plus connu sous les traits de Faramir, petit frère de Boromir qui combattirent tous deux aux côtés d’Aragorn dans la trilogie du « Seigneur des anneaux ».

             

David Wenham. Warner Bros. FranceGerard Butler. Warner Bros. FranceMichael Fassbender et Tyrone Benskin. Warner Bros. France

Le film se rapproche donc plus d'un péplum version héroïc-fantasy (en gros, une armée de 300 Conan barbares) que d'une véritable fresque historique. Mais visuellement parlant on est devant un pur truc monumental. C'est un exercice de style, n'y cherchez pas de réalité historique, de crédibilité scénaristique. Au même titre que "Le seigneur des anneaux" l'adaptation ciné était difficile, et elle est ici, on ne peut plus réussie. Le film possède bien quelques maladresses, des personnages démesurés de presque 3 mètres, une bande originale qui ressemble plus à une compil d’un hard-rocker bien énervé, à laquelle on aurait préféré la bonne vieille solution de l’orchestre symphonique, beaucoup plus esthète et porteuse d’émotions. Et pour certains, une débauche d’effets visuels qui rendent l’image synthétique et sans âme.

               

Rodrigo Santoro. Warner Bros. FranceGerard Butler et Andrew Pleavin. Warner Bros. FranceKelly Craig. Warner Bros. France

               

Mais honnêtement, le film possède quand même bien plus de qualités que de défauts et le spectacle de ces guerriers valeureux vaut assurément le détour, et c’est ce choix visuel assez recherché et finalement très esthétique qui donne à l’ensemble son côté unique, moitié BD et moitié peinture (la palette graphique en remplacement du pinceau) qui le dispense finalement de toutes les critiques sur la crédibilité historique et scénaristique, que le film ne manquera pas d’avoir. Ce n'est, après tout, que du cinéma, et cette prouesse là est grandiose. 18/20

 

Warner Bros. France

 

Andrew Tiernan. Warner Bros. FranceRodrigo Santoro. Warner Bros. FranceRobert Maillet. Warner Bros. France

Gerard Butler et Rodrigo Santoro. Warner Bros. France



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B
Ne t'inquiète pas pour mon blog!Ces temps ci je ne sais plus trop quoi écrire.Par contre,je fais beaucoup de chroniques sur le blog d'eelsoliver.La dernière sur Good Morning England.J'apprécis beaucoup ton blog en tous cas.
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K
Salut Borat :-)<br /> J'avais l'intention de laisser un com sur ton blog à propos de 300, qui est un peu pour moi désormais un test pour savoir comment pense tel ou tel internaute, mais tu viens de me devancer. Tu laisses assurément plus de coms chez moi, que je ne peux le faire chez toi. Mais d'un certain côté cela prouve que tu apprécies mon travail, et je t'en remercie donc.<br /> Comme j'ai lu ton article sur ce film, je sais que nous sommes d'accord sur l'ensemble du film. Une oeuvre au visuel incontestable qui se dédouane de toute considération ou idéologie humaine ou pire encore politique. Ce n'est que du cinéma.
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B
Une très bonne adapatation.Comme quoi Snyder sait bien refaire les chose:Watchmen,300,Zombie.Il a réussit à le remettre au gout du jour pour notre plus grand plaisir.
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E
DE RIENde rien!<br /> Pr mapart, j'ai bcp de plaisir à venir discuter sur ton blog.<br /> De toute façon, tu peux voir que je laisse régulièrement des commentaires.
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K
C'est vrai Dragonward, un must visuel indiscutable, véritable première force de ce film qui passionne autant qu'il divise finalement.<br /> Merci à toi Olivier !
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