LA VISITE DE LA FANFARE

Publié le

Sophie Dulac Distribution

(Bikur Ha-Tizmoret)

Israël (2007)

d'Eran Kolirin

Le réalisateur Eran Kolirin. Sophie Dulac Distribution

avec :  Sasson Gabai, Ronit Elkabetz, Saleh Bakri

Date de sortie cinéma : 19/12/2007

genre : comédie / 1h25

Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance...

En ces temps de méfiance de l’étranger, de xénophobie primaire ou de haines dissimulées au sein d’une même fratrie (je vous laisse faire vous-même le lien avec l’actualité mondiale), le cinéma s’empare parfois du phénomène ethnologique pour nous livrer des œuvres chorales souvent fortes et profondes.

Ce petit film, essentiellement israélien (mais aussi français et américain dans sa production il me semble), loin des super productions qui d’ordinaire s’accaparent ces projets risqués, prend le parti de la simplicité, et loin de l’imposante machinerie hollywoodienne, réussit non sans une certaine classe, à se faire une place sous le soleil d’Israël.

Si chacun connaît désormais les inimitiés entre juifs et arabes, elles seront ici vite effacées par une histoire qui a le mérite de remettre quelques pendules à l’heure (passage à l’heure d’été oblige). Le réalisateur, juif, nous prouve ici, qu'en connaissant ses voisins (des musiciens égyptiens en visite sur le territoire hébreux), et par la même occasion lointains cousins, la cohabitation n'est pas si impossible que cela. Sur un rythme lent, mais jamais ennuyeux, il distille, par petites touches d'humour tendre et subtil dans les situations, une histoire attachante et sincère sur des vrais êtres humains, avec leurs histoires et leurs ressentiments. Ce n'est certes pas la comédie ultime, très loin de là, mais en empruntant à la poésie d'un Roberto Benigni et au burlesque d'un Radu Mihaileanu, le réalisateur réussi son pari insensé de nous faire sourire sans jamais se moquer de ses personnages pour lesquels on sent par ailleurs, un grand attachement.

Côté acteurs, ne cherchez pas de stars, tous inconnus, le casting n’en est pas moins magistral dans le choix de vraies gueules cinégéniques aux regards significatifs. Il faudra bien sûr une ouverture d’esprit à un cinéma différent, et quelque part lénifiant, (ce qui peut parfois faire un bien fou devant les productions calibrées auxquelles nous sommes habitués) pour apprécier ce fort sympathique petit film, qui ne paie pas de mine, mais qui tire son épingle du jeu grâce à une sincérité de tous les instants.Pas étonnant que le film obtienne le Coup de cœur du jury du festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard... Bravo. 16/20



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Tangokoni 01/06/2011 11:27

Non, je ne l'ai pas regardé, peut-être un jour...

emule 28/05/2011 23:08

pas mal..encore que c n`est pas ma préfére

kschoice 26/05/2011 21:47

C'est l'occasion de le voir alors...tu vas le voir ???

Tangokoni 26/05/2011 20:26

Ca passe ce soir sur Arte ;)

kschoice 21/04/2011 20:23

C'est un film très différent de ce que l'on a habitude de voir chez les ricains, c'est sûr. On sent beaucoup d'amateurisme, mais en contre partie, beaucoup de sincérité. Ca fait du bien parfois. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il est au demeurant fort sympathique. A toi de voir...ou pas ;-)