SURVIVRE AVEC LES LOUPS

Publié le

Réalisé par Véra Belmont

 

  
Avec Mathilde Goffart, Yaël Abecassis, Guy Bedos

(2007 / France –Belgique – Allemagne)

Genre : drame/aventures / 2h04

Sortie ciné : 16/01/2008

Disponibilité Blu-ray  TF1 Vidéo : 16/10/2008

Une petite fille de 8 ans parcourt l'Europe nazie à la recherche de ses parents.
Elle s'appelle Misha. Elle est juive. Son père et sa mère viennent d'être déportés. Elle ne sait qu'une seule chose : ils sont à l'est. A l'aide d'une simple petite boussole, elle quitte sa Belgique natale et rejoint l'Ukraine à pied, traversant l'Allemagne et la Pologne, dans l'espoir de les retrouver.
Pour survivre, elle vole de la nourriture et des vêtements.
Pour survivre, elle évite les hommes et leur violence.
Pour survivre, elle intègre une meute de loups. Et devient l'une des leurs.

Avis film 14/20 :

 

Mathilde Goffart. David VerlantSi le film possède un indéniable potentiel tant sur le fond que sur la forme, cette belle histoire, sur fond d’histoire de l’humanité, laisse dubitatif quant à sa finalité.

Autant elle est réussie puisqu’elle mêle histoire, aventure, images naturelles, autant elle est plus ou moins galvaudée par un manque cruel d’émotion.

Certes, la petite Mathilde Goffart s’en sort avec les honneurs devant la complexité et les astreintes d’un tel tournage, que la réalisatrice Véra Belmont a voulu le plus authentique possible, mais elle n’est pas une actrice et cela se ressent finalement plus que toute autre chose. La jeune fille, dans Le renard et l’enfant, est à ce titre bien plus convaincante et naturelle.

Si, en prenant une jeune enfant et en la brinquebalant dans une nature hostile en plein milieu d’un conflit qui la dépasse, le récit s’orientait vers une expérience peu adaptée à l’écran (la guerre à travers les yeux d’un enfant), le résultat est néanmoins poussif, détaché, malgré une profonde section autobiographique que la réalisatrice adapte en partie de ses propres expériences passées.

Il manque indéniablement un petit quelque chose qui aurait pu faire de ce film, une œuvre pleine et entière, bouleversante tant en surface qu’en profondeur.

Peut-être la faute à une direction d’acteur réduite à sa plus simple expression, sans chaleur particulière, malgré la présence de Guy Bedos ou de Yaël Abecassis.

Car, niveau réalisation, le film regorge de plans superbes, magnifiquement maîtrisés dans ses cadres et sa lumière, où l’on sent alors de la part de la réalisatrice, un profond respect de l’être humain, qu’elle critique en partie pourtant violemment, et de la nature qui l’entoure. Les maquillages sont tout aussi réussis, et les animaux sauvages sont impressionnants de naturels.

Le blu-ray  18/20 :

Si l’on peut allègrement critiqué TF1 pour ses programmes débiles de télé-réalité, ses pubsMathilde Goffart et Guy Bedos. David Verlant pendant les films, ces mêmes films recadrés pendant leur diffusion, ses séries diffusées dans le désordre ou bien d’autres choses peu glorieuses…Force est de constater que sur le marché du Blu-ray, TF1 Vidéo s’est vite imposé comme un éditeur très sérieux et compétent dans la présentation de ses produits…

Boîtiers en métal, image quasi parfaite, son au top…que ce soit les Kill Bill, Pulp Fiction, ou encore Le dernier Trappeur,  Les animaux amoureux ou ici Survivre avec les loups (ceux que je possède en Blu-ray, mais il y en a d’autres)…L’image bénéficie d’un piqué exceptionnel, d’une luminosité fabuleuse (peut-être trop parfois) qui laisse libre cours de regarder où que l’on veuille sur l’image pour en apprécier le moindre détail du premier plan, de la fourrure des animaux ou la beauté des paysages, ici brillamment mis en valeur. Il faut vraiment plisser les yeux pour apercevoir un très très léger fourmillement sur les arrières plans et sur des surfaces lisses de couleur unie.

Un tout petit peu de bruit vidéo sur les scènes en basse lumière (la scène de classe à 10’45 ou la séquence où la jeune Misha doit rester cachée avec sa mère dans un grenier peu lumineux) qui résulte d’un tournage en HD, mais franchement rien de bien méchant, et surtout tout à fait normal quant on sait qu’en photographie, plus on a de lumière, mieux ce sera au niveau netteté. Certains clairs-obscurs sont ainsi très bien gérés.

Mathilde Goffart. David VerlantMalgré ses deux heures et plus de métrage, l’encodage AVC fait donc des merveilles sur les gros plans comme sur les plans larges qui bénéficient d’une belle profondeur de champ. Superbe.

Quant au son, seul le DTS HD Master Audio est disponible, et si le film n’est pas un festival d’effets sonores, il met surtout en valeur la musique et quelques rares explosions qui réveilleront celui qui aura eu la faiblesse de s’assoupir quelques instants.

Les ambiances fermières ou sylvestres sont bien rendues et l’on peut à foison entendre une chèvre braire, une poule caqueter, un coq chanter ou le vent dans les branches des arbres, même si c’est essentiellement frontal.

Les bonus  12/20 :

« Interview de Véra Belmont »  13’30

La réalisatrice, qui affiche tout de même presque 80 ans au compteur (mais qui ne fait assurément pas du tout son âge), plus connue pour avoir produit Marcel Carné, Maurice Pialat, Yves Boisset, André Téchiné, Jean-Jacques Annaud ou encore Francesco Rosi…n’a cependantMathilde Goffart. David Verlant pas peur d’affronter les rigueurs d’un tournage assez difficile s’étalant sur près de neuf mois par toutes les saisons…Authenticité est le maître mot de cette réalisatrice qui adapte un livre (Survivre avec les loups / Misha Defonseca) en y incluant ses propres expériences passées durant la seconde guerre mondiale.

Elle relate la genèse du projet dans une interview où elle dévoile qu’elle, ainsi que sa sœur, ont été séparées de leurs parents, ces derniers ayant été déportés dans des camps de concentration.

Elle-même, tout comme le personnage du film, tombe dans une famille d’accueil plus intéressée par l’argent que par le geste humain, tandis que sa sœur elle est prise en charge par une vraie mère poule.

Aussi lorsqu’elle lit ce livre, elle y voit l’opportunité de mettre en image un film qui regroupe plusieurs thématiques (la guerre et ses dommages collatéraux…les petits business d’humains atteints de vénalité excessive ou de sincère philanthropie, l’importance d’une enfance sacrifiée pour des motifs incompréhensibles).

Un projet donc qui lui tient à cœur, au point d’affronter durant les neuf mois de tournage les difficultés d’un tel tournage…des loups très imprévisibles, des décors naturels nombreux dont elle cherche absolument à restituer la lumière.

Généreuse en anecdotes, passionnée et sincère, on découvre un vrai personnage à la bonhommie fort sympathique au demeurant.

« Paroles d’enfants »  25’45

Mathilde Goffart. David VerlantA l’occasion de la promotion du film, qu’elle avoue avoir tourné en premier lieu pour les enfants, la réalisatrice s’arrête dans une classe pour visionner le film en compagnie des écoliers. Suite à cette projection, elle se présente aux enfants comme la réalisatrice de ce film et répond avec un naturel déconcertant aux nombreuses questions des écolier(e)s.

Avec la simplicité et la candeur qui caractérisent les enfants, ces derniers vont la questionner sur le tournage, le dressage des loups, les maquillages, la jeune actrice qui les a visiblement marqués, la manière dont elle a pu obtenir certains plans…etc.

Entrecoupée de séquences de film correspondantes aux questions des enfants, on assiste donc à un genre de making-of interactif très original, avec pour maîtresse de cérémonie une réalisatrice très maternaliste qui ne manque jamais de mettre en avant le courage de sa jeune actrice vedette qui a été quand même assez mise à l’épreuve pour ce tournage.

Avec simplicité et efficacité, elle répond donc aux enfants qui ont été très impressionnés par les images. Trop court…car comme pour les enfants, on reste réceptif aux explications passionnées d’une femme qui a su rester simple, accessible et drôle.

C’est tout pour les bonus, qui restent cependant intéressant bien que trop courts…pas de bandes-annonces des produits dispos chez l’éditeur ou de galerie photos qui aurait été la bienvenue pour en savoir un peu plus sur ce tournage.

Image 1.85 – 16/9 ème – HD 1920x1080 p – MPEG 4 / AVC

Son : DTS 5.1 HD Master Audio Français.

BD 25

   



Publié dans Côté BLU-RAY

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Commenter cet article

kschoice 30/04/2010 19:53

C'était une opération sur les BR TF1 vidéo...si mes souvenirs sont bons, il y avait Le dernier Trappeur et Pulp Fiction
Pour le premier, très bon film de Nicolas Vannier sur l'un des derniers trappeur (d'où son titre :-D ) tourné façon documentaire, et le second, c'est un tout petit film avec des acteurs pas connus qui n'a pas eu beaucoup de succès...tu connais ;-)

borat8 28/04/2010 20:14

Maintenant si!lol Sinon c'était quoi les 2 autres BR?

kschoice 28/04/2010 19:53

J'ai du passer à côté, en fait j'ai pris ce film lors d'une opération 3ème Blu-ray gratuit...j'avais pris deux films que je tenais absolument à récupérer en BR, mais il me manquait un troisième...l'histoire me semblait sympa alors j'ai pris celui-là, mais je ne connaissais pas du tout ce film.

borat8 27/04/2010 21:23

La presse en a beaucoup parlé. L'auteure a dû s'expliquer et a dit avoir inventé l'histoire de toute pièce.

kschoice 27/04/2010 20:09

J'étais pas au courant, mais comme je ne l'ai pas lu, mon avis ne porte que sur le film lui-même et la manière dont il a été tourné.
Ca reste un film intéressant mais avec une direction d'acteurs très approximative. Et comme c'est ces derniers qui font aussi le film, il est donc inévitable que le film en souffre. Dommage, car certains pans de cette histoire, aussi improbable soit-elle, aurait pu faire un beau film, en plus d'être bon, du moins pas mauvais.