STARSHIP TROOPERS

Publié le

De Paul Verhoeven
Avec Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards

USA 1997 – sorti le 21/01/1998

Genre : SF/Action

Au XXIVe siècle, une fédération musclée fait régner sur la Terre l'ordre et la vertu, exhortant sans relache la jeunesse à la lutte, au devoir, à l'abnégation et au sacrifice de soi. Mais aux confins de la galaxie, une armée d'arachnides se dresse contre l'espèce humaine et ces insectes geants rasent en quelques secondes la ville de Buenos-Aires. Cinq jeunes gens, cinq volontaires à peine sortis du lycée, pleins d'ardeurs et de courage, partent en mission dans l'espace pour combattre les envahisseurs. Ils sont loin de se douter de ce qui les attend.

Casper Van Dien. Gaumont Buena Vista International (GBVI)Si le film a été, à l’époque, très sévèrement critiqué sur le fond comme sur la forme, force est de constater qu’il s’est, par la suite, vite imposé comme une référence du film de science-fiction. En effet, si le hollandais violent à toujours privilégié la polémique dans un cinéma souvent, voire toujours, ultra-violent, tous ses films ont un message sous-jacent qui ne fait pas forcément le bonheur de tout le monde. Ici, il s’en donne à cœur joie en critiquant ouvertement et avec cynisme, l’American way of life en dénonçant le culte de la beauté et de la perfection, le sens du devoir extrême, et l’impérieux besoin de mettre en avant le service militaire comme étant le seul moyen de reconnaissance officielle d’être un citoyen à part entière, mais dans un monde futuriste qui a dépassé toute notion de sexisme, de racisme ou de discriminations diverses.  Vous pouvez bien être une femme, noir(e), infirme … à partir du moment où vous avez servi votre pays, toutes ces faiblesses en vigueur aujourd’hui dans notre monde, ont dans le monde de Starship Troopers complètement disparu, et sont au contraire une fierté portée comme la plus rutilante des médailles.

Ce qui n’est pas vraiment le cas dans notre monde actuel. Les femmes sont peu nombreuses dans l’armée (en tous cas à l’époque du film) et les vétérans des guerres diverses qui ont jalonnéCasper Van Dien et Dina Meyer. Gaumont Buena Vista International (GBVI) l’histoire de l’Amérique, sont bien peu reconnu pour leurs faits d’armes.

Paul Verhoeven choisit donc de monter en épingle tous les petits travers d’un pays qui ne jure que par la toute puissance de son armée, en matraquant de messages publicitaires sur le réseau fédéral, en exhortant le peuple à s’engager pour devenir de la chair à canon.

C’est aussi une question d’argent qu’il met en avant, ce dernier étant le nerf de toute guerre, le commandement n’hésite pas à sacrifier des centaines de milliers de soldat pour tester une simple logistique armée. L’argent est aussi ce qui gêne certains parents dont les enfants se fréquentent…ici, le personnage de Casper Van Dien est un fils de riche, ses parents n’étant que de simples civils ayant suffisamment d’argent pour s’offrir ce que la citoyenneté garantit aux indigents. Le personnage de Denise Richards est, elle, une fille de citoyens, et ses parents rechignent à ce qu’ils se fréquentent tous deux.

Verhoeven joue sur le côté paradoxal, en donnant au fils de riche le rôle d’un simple soldat d’infanterie, et à la fille de citoyens un poste de haut gradé, en fait pilote de vaisseau, (plutôt le contraire dans notre monde) c’est encore une critique sur la stupidité des fils de riches (il s’engage dans l’infanterie pour épater une fille qui en aime finalement un autre) et la lutte des enfants pauvres pour accéder à un poste plus qu’honorable.

Gaumont Buena Vista International (GBVI)Paradoxe également dans le fait que les vrais héros de guerre sont des hauts gradés qui vont au combat (chose impossible dans notre monde actuel)…un ancien soldat devenu professeur / Michaël Ironside, et un lieutenant formateur (Clancy Brown), qui souhaitent tous deux  redevenir simples trouffions pour pouvoir aller au combat, prouvant au passage que les guerres seraient mieux gérés sur le terrain si les hauts gradés venaient eux-mêmes se salir les mains.

Paradoxe encore dans le fait de censurer certaines images (une vache massacrée par un parasite / expériences sur le cerveau insecte) et d’en montrer certaines autres (des soldats écartelés et étripés en direct) afin de soutenir le besoin de vaincre la menace arachnide.

Si la qualité des effets spéciaux n’est plus à prouver, seul point positif à l’époque pour ce film, le réalisateur pousse le bouchon encore plus loin en transformant son film en quasi parodie de sitcom américaine, et de films de guerre (Verhoeven reconnaît d’ailleurs s’être inspiré de Full Metal Jacket et d’Apocalypse Now), alternant la beauté des humains et de leurs amourettes presque risibles de triangle amoureux, et la crudité des massacres, avec un corps d’armée ayant des allures de néo-nazis faisant des expériences.

Tout cela ressemble effectivement à un monde nouveau exempt de tout défaut comme le souhaitait Hitler pour son peuple. Verhoeven sous-entend même dans son film que ce sont les humains qui sont la cause de la guerre avec les arachnides.

Normal, dans ce cas, que le peuple américain ait pris le message un peu trop négativement.Patrick Muldoon, Casper Van Dien et Denise Richards. Gaumont Buena Vista International (GBVI)

Reste un film de science-fiction comme il en existe peu finalement, adaptation d’un livre de Robert Heinlein dont le réalisateur détourne quelque peu le fond premier. Festival d’effets spéciaux de grande qualité, le film reste aujourd’hui un must SF comme il en existe peu en nous montrant des batailles spatiales, une planète lointaine et des aliens aussi nombreux qu’impressionnants. Il faut cependant apprécier le style quelque peu décalé, parfois outrancier, d’un réalisateur qui jongle avec les styles avec le risque permanents de faire passer son film pour un nanar friqué, alors qu’en fait c’est un brûlot cynique et féroce sur la possibilité d’un monde superficiel et aveugle qui pourrait bien être le nôtre si nos mentalités n’évoluent pas. 17/20

Le Blu-ray :

Quel étrange master que celui-ci… !

Si les toutes premières minutes rassurent sur la qualité du transfert HD, et force est de constater qu’il est éblouissant sur plus de 80 % du film, on note après quelques séquences, des différences notables et parfaitement visibles sur la définition de l’ensemble. On passe donc de plans parfaitement nets en pleine lumière et sur les extraits vidéo du réseau fédéral, à des plans qui souffrent d’un fourmillement accentué sur des scènes intérieures ou sombres.

La HD fait merveille sur les nombreux gros plans visages, et sur les scènes dans l’espace (une fonction démo Blu-ray reprend d’ailleurs la séquence de destruction d’un vaisseau de la fédération), cependant, à deux ou trois reprises, on a le droit à des plans qui n’ont absolument pas été retravaillés…à 33’30 et 58’35 notamment, là c’est la totale…Fourmillement intensif, grain omniprésent, contours floutés, micro rayures, tâches blanches et points noirs…sans compter une absence de contraste plus qu’évidente….bien en dessous d’un mauvais DVD.

Fort heureusement, ce n’est que très partiel, et le reste du film est visuellement une pure merveille même si on peut voir aujourd’hui beaucoup mieux en terme de netteté d’image. Encore aujourd’hui, les arachnides sont très biens intégrés dans l’image, la plupart des plans sont nets et lumineux, et l’on peut la grande majorité du temps, apprécier à sa juste mesure le spectacle offert.

Quant au son, si le DTS 5.1 français est des plus efficaces, il faut noter une légère prépondérance sonore sur le 5.1 PCM anglais, moins compressé donc plus ample et plus présent au niveau des voix et du subwoofer. Plutôt calme sur la plupart des scènes de dialogues (on ne peut plus logique finalement), ça devient un festival multicanal lors des scènes de batailles avec les arachnides et les séquences spatiales. 14/20

 

Les bonus :

5 scènes coupées (7’56) en 2.35 VO sous-titrée FR

- Départ immédiat

- Au lycée

- Zander console Carmen

- Zander interroge Carmen

- Le baiser de la fin

 

« Secrets de fabrication »  8’41  VO sous-titrée FR

Le réalisateur Paul Verhoeven revient en voix off sur les effets spéciaux de la destruction du vaisseau de la fédération « Roger Young » piloté par Carmen.

Puis sur la scène du Tanker, le gros insecte cracheur de feu. Il explique l’importance pour un film de ce genre de pouvoir travailler avec des animatiques digitales, pour prévisualiser la scène finale à tourner, car les insectes doivent être intégrés à des scènes réelles jouées par les acteurs, soit sur fond vert, ou en extérieur, ces derniers jouant devant du vide. Il faut donc comparer le jeu des acteurs avec l’animatique non finalisée, pour ensuite travailler le tout en post production, après le tournage, et en studio.

Avec son accent particulier, le réal parle pourtant très vite d’une technique qu’il maîtrise indubitablement.

 

« Making of »  7’48   VO sous-titrée FR

En lieu et place d’un véritable making of, c’est en fait une courte featurette promotionnelle, très courant à l’époque, avec quelques images sur les plateaux de tournage, courtes interventions des acteurs principaux, ainsi que du réalisateur et du responsable FX Phil Tippett. Dispensable.

 

Bouts d’essais Carmen & Rico  3’39  VO sous-titrée FR

Audition filmée de Casper Van Dien et Denise Richards reprenant les lignes de textes des scènes coupées, ainsi que la scène de l’aérogare où ils doivent tous deux se séparer.

 

Préfilm annonce  1’49

Fonction Démo Blu-ray :

3 scènes du film    - Destruction dans l’espace du vaisseau Roger Young

                            - Débarquement sur Klendathu de l’infanterie

                            - Scène du Tanker que Rico explose avec une grenade

1920x1080 – 16/9ème 1.85.1

Dolby Digital 5.1 : Français / Anglais

DTS 5.1 : Français

PCM 5.1 : Anglais

Sous-titres : Français/Anglais

Distributeur Blu-ray : Touchstone / Tri-Star



Publié dans Côté BLU-RAY

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Commenter cet article

kschoice 14/05/2010 12:36

Le chacal est assez classique dans sa structure scénaristique, et lent pour certains, perso j'adore, mais Couvre-feu lui devrait te plaire...belle brochette d'acteur avec un Denzel Washington impérial, une tension assez forte, et une histoire très actuelle, avec le savoir faire d'Edward Zwick dans les scènes de guerre qu'il transpose ici en milieu urbain sur fond politique et de terrorisme. Excellent.

borat8 13/05/2010 14:38

Je sais pas, pas vu ces films.

kschoice 12/05/2010 10:11

Bon exemple....ça passe bien avec Tom Cruise. Autre exemple assez probant, mais sur un film que beaucoup boudent pour je ne sais quelle raison...Le chacal, avec un Bruce Willis qui jouent les caméléons avec une implication et une froideur qui font de son rôle, et du film, un très honnête thriller, surtout que les seconds rôles sont aussi très présents.
Dans Couvre-feu également il était assez détestable, mais avec un charisme qui collait bien au personnage du film.

borat8 10/05/2010 21:18

ça me rappelle Tom Cruise dans Collateral. Lui qui joue toujours les gentils, il se retrouve dans la peau d'un tueur froid et manipulateur. Il était d'ailleurs mémorable.

kschoice 10/05/2010 20:05

C'est clair que ça reste un bon film, mais c'est un style bien particulier. Washington fait partie de ces acteurs qu'on a finalement du mal à voir en ordure.