HOT SPOT

Publié le

de Dennis Hopper

(Etats-Unis - 1990)

genre : drame (2h)

Le mystérieux Harry Madox est engagé comme vendeur de voitures dans une petite ville paisible du Texas. Il fait la connaissance de la gentille et naïve Gloria, et de la torride Dolly, la femme de son patron. Entretenant une liaison avec les deux femmes, il s'intéresse également de très près à la banque locale...

Quelle carrière atypique que celle de Dennis Hopper ! On ne peut vraiment dire qu’il soit un mauvais acteur, même si ses rôles sont souvent emprunts d’une folie certaine et blasée (Speed), ou d’une méchanceté ostentatoire (Waterworld). Le biker d’Easy rider bénéficie pourtant souvent d’un champ libre qui lui permet d’alterner une carrière d’acteur caméléon, qu’il est indéniablement, et de réalisateur occasionnel, ce qui lui permet de s’exprimer autrement (Colors avec Robert Duvall et Sean Penn). C’est un peu le cas ici avec ce film,  se passant dans une petite ville du Texas aux portes d’un désert aussi chaud que certaines de ses habitantes.

Harry Maddox (Don Johnson) débarque un beau jour dans cette ville. On ne sait pas grand-chose de cet homme…d’où il vient, où va-t-il, qu’est-il réellement ? Une chose est sûre…il semble avoir le bagout nécessaire pour obtenir ce qu’il veut. On verra qu’il y arrive la plupart du temps d’ailleurs. Ambitieux, arrogant, séducteur, un brin bagarreur et certainement voyou, l’occasion se présente alors de pouvoir délester la seule banque de la ville, des quelques billets et autres économies des habitants, le jour où il débarque alors qu’un feu gigantesque occupe la quasi-totalité des habitants.

 

Le temps de se trouver un job de vendeur de voitures d’occasions, de butiner entre la femme du patron (Virginia Madsen) et sa jeune et charmante secrétaire (sublime Jennifer Connely), il échafaude bientôt un plan simple afin de commettre le hold-up de l’année. Aussi bouseux soient-ils, les flics, pas franchement débordés dans cette bourgade où il ne se passe décidément pas grand-chose, ne vont cependant pas tarder à le soupçonner rapidos, et il ne devra son salut qu’au faux témoignage de la femme de son patron, devenue depuis une amante possessive. Dès lors, son destin est scellé…cette redoutable prédatrice, aidée par un maître chanteur peu scrupuleux (William Sadler) et cowboy fauché de surcroît, va mettre à mal ses ambitions les plus simples…se barrer de ce trou perdu avec l’argent de la banque dans les poches, et la jeune secrétaire sous le bras. Maddox aura fort à faire pour se sortir de là, et ira même jusqu’à commettre l’irréparable.

Film assez peu connu, et par ailleurs pas un exemple du genre, le film génère pourtant un certain intérêt, de par ses acteurs, et surtout l’ambiance délétère et sexy qui y est étalée. Celle d’un nid de vipères au beau milieu du désert, sous un soleil de plomb. La réalisation est sommaire, paresseuse presque, à l’image de la vie des habitants. Il faut donc s’armer de patience pour deviner où Hopper veut nous emmener. Mais ça vaut le coup finalement, et l’ensemble fait un peu penser au style de John Dahl dans les années fin 80 (Kill me again en 89 et Red rock west en 93 dans lequel joue Hopper d’ailleurs).

Un style lent donc, très lent même, mais qui permet au réalisateur de disposer ses pièces comme il l’entend pour magnifier sa stratégie, son histoire…qui n’ont, au départ, rien d’exceptionnel.

Certains pourront donc y trouver des longueurs, cependant vite oubliées dans un final des plus surprenants, exemple brillant d’immoralité malsaine, grâce aux prestations du quintet d’acteurs (finalisé par Charles Martin Smith Les incorruptibles/Un homme parmi les loups) qu’Hopper bouscule avec un sadisme parfois déconcertant.

A ce titre, Virginia Madsen incarne ici une des « salopes » les plus mémorables du cinéma 80/90’s avec Sharon Stone (Basic Instinct), Linda Fiorentino (Last seduction) et Nicole Kidman (Prête à tout) face à l’innocence incarnée par la délicieuse et toute mimi Jennifer Connely.

 

Hopper contourne les codes du genre, en faisant évoluer ses personnages dans une fange à la fois attirante et puante, puisque Maddox devra choisir entre une vie normale et sans tâche (Jennifer Connely), ou la tentation perverse et quelque peu diabolique d’une femme ensorceleuse au possible.

Ainsi donc, si vous n’avez pas peur des expériences décalées au cinéma, et de vous aventurer hors des sentiers battus, Hot spot pourrait bien, pourquoi pas, vous corrompre quelque peu, et vous attirer dans cette ville texane, véritable anti-chambre de l’enfer, qu’Hopper érotise au-delà de toute proportion raisonnable.

Le film n’est certes pas un chef-d’œuvre du genre, loin de là, mais les ambiances savamment orchestrées par l’acteur-réalisateur, le jeu détaché de Johnson, excessif de Madsen, innocent de Connely, roublard (comme à son habitude) de Sadler, et presque comique de Martin-Smith, contribuent finalement à faire de ce film une œuvre à part entière, d’un style particulier et quelque peu révolu, mais digne d’intérêt, qui ne peut que marquer celui (ou celle) qui osera s’y aventurer. 16/20

 



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kschoice 11/05/2009 17:54

C'est vrai qu'ici, elle est absolument sublime ;-)

CORSU61 11/05/2009 11:35

jennifer Connely étant, avec Kate Beckinsale, mon actrice (au niveau physique) préférée, je ne peux que rejoindre ta note !!! LOL