ROCKY IV

Publié le

de Sylvester STALLONE

(Etats-Unis / 1985)

genre : drame sportif / 1h30

Apollo Creed, ancien adversaire et dorénavant ami de Rocky Balboa, est tué sur le ring par le boxeur russe Ivan Drago. Se reprochant de n'avoir pu sauver son camarade à temps, Rocky va demander un combat contre Ivan Drago afin de le venger. Une confrontation qui se déroulera sur le sol russe.

On ne va pas y aller par quatre chemins…ce quatrième volet est on ne peut plus installé dans une franchise devenue, avec ce volet, plus que commerciale. Assurément le moins réussi de la saga, tout transpire la précipitation et l’opportunisme…Nous voici donc ici, en plein milieu des années 80 sous l’ère de l’ex acteur Ronald Reagan et du président russe Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev. A cette époque, la méfiance entre les deux pays est au plus haut, les actes d’espionnages tant industriels qu’économiques (dans les années 80, malgré une brillante incursion dans le domaine technologique des années 60, l’URSS est en retard sur tous les points, sauf en armement nucléaire, et se retrouve loin derrière les USA, la Chine et le Japon) sont légions et les tensions politiques entre les deux plus grandes puissances militaires sont palpables sur tout le globe, à tel point que tout le monde redoute une 3ème guerre mondiale.

 

Gorbatchev nouvellement nommé (et avec lui tout le gouvernement soviétique) se voit contraint de lâcher du lest en négociant un traité de réduction des armes nucléaires afin d’apaiser les tensions et de remettre à plat les nombreuses accusations d’espionnage. La méfiance communiste a donc laissé des traces, et ce, depuis les années 50 avec la fameuse chasse aux cocos du sénateur McCarthy. Cette guerre froide comme on l’appelait à l’époque se réglait donc plus sur le terrain à grand coup d’opérations secrètes à grand renfort d’agents secrets (simple…voire double).

On retrouve des traces de cette guerre froide dans le cinéma (Rocky 4 donc, mais aussi Double détente avec Schwarzy par exemple) et même dans la chanson (Ultravox avec le clip vidéo de Dancing with tears in my eyes sur fond d’holocauste nucléaire…ou encore Sting avec le très connu Russians où il déclamait I hope that russians loves their children too…J’espère que les russes aiment aussi leurs enfants...)

Petite parenthèse historique pour se remettre dans le contexte de l’époque et bien comprendre le pourquoi d’un tel film.

En effet, si auparavant, Rocky se contentait d’être un héros américain « ordinaire » malgré son statut de sportif populaire, le voici propulsé tout simplement comme sauveur de l’Amérique bien pensante alors en guerre (froide) contre les méchants communistes russes. C’est donc la première fois dans la saga que la politique se mêle au récit de ce personnage. Pas ouvertement bien sûr, Sylvester Stallone, toujours à l’écriture et à la réalisation, se sert de la méfiance commune entre les deux plus grands pays d’alors pour construire un récit qui recolle à l’esprit des trois premiers films. On reste donc dans l’esprit sportif de la boxe. Cependant, c’est la rivalité technologique qui prédomine ici. A l’instar de la conquête spatiale qui opposait déjà russes et américains (premier homme dans l’espace pour les russes / premier homme sur la Lune pour les américains), Rocky va se confronter au champion russe Ivan Drago, plus qu’impressionnant par sa taille et sa puissance musculaire. Ce dernier est en effet un pur produit de la science et de la technologie…encadré par des médecins et des spécialistes en machineries en tous genres, le champion russe ne brille que par les résultats obtenus grâce à toutes ces machines. Face à lui, Rocky fait donc office d’artisan qui lui, va fonctionner avec le cœur et le courage, des qualités qu’on lui connaît désormais et que l’on ne peut nier. On retrouve également toutes les caractéristiques des personnages secondaires…Paulie, toujours prompt à sortir des phrases à valeur humoristique (ici, à la limite de la lourdeur).

 

Devant le succès de Rocky suite au combat avec Lang (Mister T), tout va pour le mieux pour le champion, et son succès n’en est que plus évident aux yeux du peuple américain qui le considère plus que jamais comme son héros absolu.

En parallèle, les russes qui tentent de se faire accepter comme ils peuvent, y compris dans le sport (n’oublions pas tous les gymnastes et sportifs olympiques qui ne manquent pas de rafler des médailles aux JO) proposent tout simplement au champion de boxe de se mesurer à leur héros russe, le terrible et invaincu Ivan Draco.

C’est ainsi que l’on retrouve Apollo Creed et sa flamboyante exubérance. Stallone, qui a bien remarqué que la mort de Mickey dans le précédent épisode, avait marqué le public, ne peut s’empêcher de réitérer ici l’expérience. C’est somme toute, le point de départ véritable de l’histoire de ce quatrième volet.

Cette fois-ci, c’est donc Creed qui va faire les frais de la proposition russe. De sa propre décision, Creed convainc Rocky de le laisser combattre ce soi-disant champion. C’est également l’occasion pour lui de revenir sur le devant de la scène et de faire le fanfaron, certain qu’il est de remettre à sa place ce pseudo boxeur venu du froid.

Par amitié et surtout en remerciement de ce que Creed a fait pour lui dans le précédent combat, Rocky accepte donc de lui laisser le ring, les flashs, la foule…et le show. Pour ce faire, il invite carrément James Brown pour chanter un de ses titres emblématiques d’alors…Living in America. Creed se transforme en oncle Sam, tout habillé de bleu, blanc, rouge et d’étoiles blanches, tandis que Drago se demande s’il n’est pas tombé dans un asile de fous.

Malheureusement pour Creed, le spectacle va vite tourner court. Draco se révèle pas si manchot que ça et compense un manque de technique et de souplesse par une puissance hors du commun qui inflige à celui qui prend les coups de sérieux dommages aux conséquences désastreuses. Sans compter que lui aussi sait encaisser sans broncher les tentatives dérisoires d’un Creed soudainement plus si fanfaron que cela.

Alors que Creed est déjà bien amoché, il demande, quoi qu’il arrive à Rocky de ne pas interrompre le match. Mais les coups sont de plus en plus durs, et quand Rocky jette l’éponge, Creed n’est déjà plus de ce monde. Il s’écroule, secoué de soubresauts, alors que tout le monde assiste à un mouvement de panique.

Après un enterrement emprunt d’émotion pour Rocky, ce dernier, durant une conférence de presse, annonce officiellement qu’un combat aura lieu contre Drago…Pas d’argent à gagner, même pas un match officiel reconnu par la fédération, Rocky veut juste une revanche. Parce que Drago est sujet à des menaces de mort après ce que d’aucuns jugent comme un assassinat sur le ring, les soviétiques acceptent ce match à la seule condition que celui-ci se fasse chez eux. Alors que personne ne semble comprendre, Rocky est plus que déterminé. Même Adrian, qui essaie tant bien que mal de raisonner son mari ne peut arriver à le faire changer d’avis.

Rocky part faire un tour en voiture et la séquence nous montre des images des trois premiers films, des débuts de sa carrière, sa rencontre avec Adrian, ses matchs contre Creed et Lang, pour finir par la mort de Creed sous les coups de Drago.

Le lendemain, Rocky discute avec son fils avant de partir avec Paulie et l’ex-entraîneur d’Apollo, tout en jetant un dernier regard à sa femme, distante, pas vraiment en phase avec une décision qu’elle voit d’un mauvais œil, et qu’elle a bien du mal à comprendre finalement.

Alors que Paulie pensait atterrir dans un somptueux palace, c’est dans les plaines glacées de Sibérie que Rocky choisit de s’exiler pour son entraînement.

En lieu et place de palais, c’est une cabane isolée et la campagne alentour, recouverte de neige, qui servira de camp d’entraînement, tout en étant, toutefois, flanqué de deux sbires gouvernementaux.

Commence alors l’entraînement des deux athlètes…

 

Alternant celui de Rocky et de Drago, les plans passent de l’un à l’autre pour souligner la différence de style, malgré des exercices identiques d’entraînements toujours plus rudes…Quand Drago soulève des haltères, Rocky soulève des pierres, quand le ruskoff court sur une piste intérieure bardée de technologie, l’étalon court dans les champs avec de la neige qui lui arrive jusqu’aux genoux, quand le géant martyrise ses sparring-partners, l’artisan bûcheronne, faisant tomber à terre des arbres immenses…

Si la séquence possède un goût de déjà-vu, Stallone reste donc dans ce qu’il connaît désormais le mieux, et pour clore la séquence, il a la bonne surprise de voir Adrian le rejoindre, et de se ranger une fois de plus de son côté.

Quand arrive enfin l’heure du match, Rocky peut ressentir ce que Drago avait vécu sur le sol américain, avec une foule qui scande le nom de son héros et qui hue violemment son adversaire. On est également loin des fanfaronnades de Creed, et la présentation du match est emprunte d’une rigueur absolue qui reflète l’état d’esprit du gouvernement soviétique, et avec lui, de la nation toute entière.

Dès le début du match, Drago a visiblement gagné en technique, malgré des mouvements encore un peu gauches. Rocky va même au tapis. Après un premier round en faveur du géant, le second est plus celui de l’observation, de l’étude du style et des mouvements de son adversaire. Rocky, à force de patience, réussit même là où les autres avaient échoué…faire saigner celui qui se fait appeler le grizzly de Sibérie.

Drago commence à comprendre que cet adversaire va lui donner du fil à retordre, un fil bien plus solide qu’il n’y paraît puisque Rocky encaisse les coups puissants, enchaîne les rounds, tombe, se relève, subit, provoque…survit finalement devant un adversaire déterminé à gagner, non seulement le match mais aussi les honneurs de la nation et de son peuple.

Ce qui n’est gagné pour Drago…En cours de match, devant le courage et la volonté d’un Rocky plus que malmené, le public commence à reconnaître l’athlète américain comme un adversaire de grande valeur.

 

Le nom de Rocky commence à parcourir la foule, ce qui ne manque pas d’irriter les autorités politiques présentes au match.

Le dernier round est donc la dernière chance pour chacun des boxeurs de faire la différence. Alors que la tension est à son comble pour le gouvernement et le champion russe, ce dernier perd tous ses moyens, et son manque de concentration profitera à Rocky qui mettra à terre le géant. Compte à rebours fatidique et salvateur, Rocky est déclaré vainqueur, au grand dam du gouvernement qui se voit contraint de reconnaître sa défaite et la valeur du champion américain.

Après les effusions de joie, Rocky prend finalement le micro pour faire un discours démago au possible sur le changement. Celui du monde qui nous entoure, mais aussi le changement nécessaire aux hommes pour pouvoir vivre ensemble sur notre bonne vieille Terre.

Ainsi donc se clôture le quatrième volet des aventures du boxeur au grand cœur, dans un épisode assez maladroit en comparaison des précédents. Si le match en lui-même reste prenant et rythmé, le reste part légèrement en eau de boudin…Même les maquillages ne sont pas à la hauteur…Alors que Rocky vient d’affronter son pire adversaire, bien plus puissant que Lang et Creed, il est à peine amoché, bien moins en tous cas que son premier match avec Creed où l’on pouvait à peine distinguer son regard tant les boursouflures de son visage étaient impressionnantes.

 

En bref, et vous l’aurez compris, cet épisode est loin d’avoir les qualités narratives et filmiques de ses prédécesseurs, et marque un déclin dans l’intérêt que l’on peut porter au personnage même.

Reste à savoir si c’est une simple faute de parcours, où si la suite relèvera un niveau qui en a pris un sacré coup avec cette escapade russe. Si on ne peut mettre en doute la sincérité et l’implication de Stallone, ses séances d’entraînement sont loin d’être négligeables et sont mêmes plus impressionnantes qu’avant, il se dégage donc de ce film quelque chose de très mitigé, partagé entre l’attachement au personnage et le côté commercial on ne peut plus présent d’une franchise dont on se demande si ce n’est pas le début de la fin, en criant démesurément son dessin vénal, au détriment d’une histoire et d’une profondeur psychologique des personnages proprement laissées dans le vestiaire du champion. 12/20

A suivre...Rocky V.

 

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Commenter cet article

kschoice 05/08/2010 18:39

Ah bah les années passent c'est sûr, et il faut savoir s'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

tournois poker 03/08/2010 18:44

il est pas trop tot!

kschoice 07/06/2010 21:05

Je pense que là, oui, Stallone a définitivement tourné la page.

borat8 07/06/2010 20:55

C'est fini maintenant!^^

ligue 1 07/06/2010 14:17

quand est ce qu'ils vont enfin arrêter avec les Rocky ???