NIKITA

Publié le

De Luc Besson

(1990) France

Date de sortie 21 février 1990 / 1h58

Avec Anne Parillaud / Tcheky Karyo / Jean-Hugues Anglade / Jean Reno / Jeanne Moreau

  

Nikita, est une junkie…avec sa bande de mauvais garçon, en état de manque et sans savoir vraiment ce qu’elle fait, elle tue un flic lors du braquage d’une pharmacie. Condamnée à mort, l’état lui offre pourtant une seconde chance…apprendre. Apprendre à parler, à se battre, mais apprendre à tuer aussi pour le compte du gouvernement. Après trois ans d’entraînement et une mission d’essai parfaitement réussie, elle gagne son ticket de sortie. Nouvelle identité, une relative liberté, un nouveau fiancé…mais bientôt le téléphone sonne…on a besoin d’elle pour une première mission. Mais assurément pas la dernière…

Un des meilleurs films de Luc Besson (avec Leon), qui à même eu la faveur d’un remake américain par John Badham avec Bridget Fonda dans Nom de code Nina (pas mauvais d’ailleurs, bien qu’inutile).

Pas véritablement axé film policier action, le film se veut surtout un drame psychologique puissant d’une force visuelle étonnante.

Porté en grande partie par les frêles épaules d’Anne Parillaud, qui reçoit très justement le César de la meilleur actrice pour ce rôle, la comédienne alterne des scènes violentes, tragiques, émotionnelles, et drôles aussi, avec une candeur des plus touchantes. Les relations, ambiguës avec le personnage de Tcheky Karyo, et celle, véritable, avec Jean-Hugues Anglade, sont autant de raisons d’apprécier le « drôle » de destin de ce petit bout de femme, d’abord animal sauvage, qui devient humaine au-delà de toute espérance.

Malgré la noirceur de son acte, c’est peut-être ce qui la sauve de mourir sans avoir connu un semblant de vie normale. D’où son attachement, doublé de répulsion pour le personnage de Karyo qui est à l’origine de cette seconde chance, mais aussi un terrible manipulateur qui la plonge un peu plus dans l’enfer qu’elle essaie de quitter.

Une scène est significative de cet amour platonique…quand Oncle Bob, invité par Nikita à dîner avec son fiancé, raconte une enfance heureuse qu’elle n’a pas vécue, il lui montre ce qu’elle aurait pu être, et surtout ce qu’elle est à ses yeux, transformant un passé chaotique en une sorte de cauchemar à oublier.

Ce triangle amoureux se termine d’ailleurs sur une scène entre les deux hommes de sa vie (Oncle Bob et Marco), et la toute dernière phrase est lourde d’aveux, de regrets, mais aussi de remerciements non avoués… « Elle va nous manquer, hein ? » C’est le générique, et effectivement, elle nous manque déjà. 18/20

  

  

Le film :

Grand admirateur de ce film depuis sa sortie, la disponibilité du Blu-ray me tardait, aussi, lorsque ce fut le cas, il est donc évident que j’ai bien vite laissé tomber mon DVD pour me jeter sur cette nouvelle galette.

Si un sticker présent sur le cellophane du disque stipulait l’utilisation pour cette édition d’un nouveau master Haute Définition, on était donc en droit d’attendre une image impeccable. Surtout connaissant les exigences techniques d’un réalisateur qui a toujours pris soin de livrer le meilleur de lui-même tant sur le plan artistique que technique.

Bien sûr le film accuse désormais une vingtaine d’années…déjà. Mais il existe nombre de films plus anciens bien mieux restaurés.

Car ici, si l’image est propre et très correcte, elle manque visiblement de définition. On est donc très loin de ce que peut offrir le support. Si un très léger grain est présent (courant dans les années 90 avec la pellicule argentique), ce n’est cependant pas ce dernier qui gâche un peu le plaisir. C’est en fait plus dû aux caméras utilisées par Besson pour le tournage.

A l’instar de 2001, où également Rencontres du troisième type, il tourne des plans dans des endroits très improbables, et surtout exigus (pour souligner l’oppression de l’incarcération  et le sentiment de liberté de l’extérieur…à sa sortie, même les trottoirs sont immenses et vides de piétons) utilise donc un  très grand angle, ce qui fait que la mise au point est essentiellement centrale, et les bords de l’image, où que vous regardiez, sont souvent flous, et les lignes droites légèrement déformées. Forcément, la profondeur de champ est la grande absente du film, au profit tout de même de plans stylisés, avec des plans serrés efficaces et intimistes qui laissent entrevoir une rare HD qui se respecte.

Ce n’est donc pas un désastre, loin de là, puisque les images sont propres et plus lumineuses que sur le DVD, plus sombre, mais la déception au niveau technique est au moins aussi grande que les espérances des amoureux d’images parfaites. 15/20

 

  

Le Son :

Si aujourd’hui, on peut trouver sur la grande majorité  des Blu-ray une multitude de formats sonores (DD 5.1, DTS, PCM 5.1…), ici il n’y a guère le choix puisque seul un DTS HD Master Audio en 5.0 (???) est présent.

En bidouillant son ampli, on peut obtenir divers résultats plus ou moins plaisants mais qui manquent quand même d’un petit quelque chose. Il n’y a qu’à visionner les quelques gun-fights du film pour se rendre compte que cela sonne creux et que l’ensemble manque d’amplitude sonore.

Seule la musique d’Eric Serra est bénéficiaire du traitement sonore qui se rapproche plus du procédé Arkamys (procédé français de spatialisation multi canal sur des pistes mono), qui fût un temps utilisé sur les DVD de certains films (dont Subway si mes souvenirs sont bons).

Je me pose quand même la question de savoir si le son est compatible avec des très vieux amplis Dolby Prologic (si tant est que cela existe encore) qui ne géraient pas encore le DTS.

 

 

Les bonus :

Proche du néant…On était en droit également d’attendre la présence de bonus digne du support. La chronique va être vite faite, car pour les bonus, nous n’avons le droit qu’à une simple bande-annonce et un extrait de la cérémonie des Césars 1991 (4’30) (qualité proche d’une VHS) où le film était 9 fois nominé, où l’on voit la statuette remise à Anne Parillaud, et l’émotion visible de Luc Besson alors devenu son compagnon à la ville. Assurément une récompense méritée.

Certes on connaissait le côté minimaliste du réalisateur concernant ses secrets de tournages, mais avec l’avènement d’un support aux multiples possibilités, on espérait un peu plus de motivation…il semble que notre réalisateur n’est pas sauté le pas. 05/20

 

A noter une mire de régalage Audio et Vidéo, afin de tester vos enceintes et régler les couleurs de votre écran, ainsi qu’un nettoyeur de rémanences spécifiquement conçu pour les écrans plasma. Mais ce n’est pas cela qui remontera la note accordée aux bonus.

 

Film en 2.35 / encodage MPEG 4 – AVC – 1920x1080p

Version originale française 5.0 DTS-HD Master Audio / sous-titres anglais

Distributeur Blu-ray : Gaumont

 



Publié dans Côté BLU-RAY

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Commenter cet article

kschoice 24/05/2010 13:41

Surtout quand tu connais pas le film toi non plus :-)

borat8 23/05/2010 14:30

Pareil que ta femme avec un pote. Me pose toujours des questions pendant le film.

kschoice 23/05/2010 12:17

Hmmm tu sais des fois, on est plus dans le truc quand on est tout seul. Je vois avec ma femme quand je mets un Blu-ray, elle arrête pas de poser des questions, c'est un peu destabilisant. Il y avait un humoriste qui avait fait un sketche là-dessus sur une scène d'action où le flic sort de sa caisse pour poursuivre un truand...et la femme lui dit en chuchotant..."T'as vu il a pas fermé sa voiture !"

borat8 20/05/2010 23:02

Ouais en effet! Mais je serais en bonne compagnie! C'est toujours mieux que d'être tout seul, mais en même temps, je vais voir ce que je veux!^^

kschoice 20/05/2010 18:29

Bah ouais, mais là tu verras pas forcément tout le film ;-)