MICMACS A TIRE-LARIGOT

Publié le

Réalisé par Jean-Pierre Jeunet

 

 

(France / 2008)

Avec Dany Boon, André Dussolier, Nicolas Marié, Jean-Pierre Marielle, Yolande Moreau

Sortie cinéma : 28/10/09

Disponibilité Blu-ray : 17/03/10

Genre : comédie / 1h45

Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...

Avis film : 17/20

Michel Crémadès, Dany Boon et Julie Ferrier. Warner Bros France - Bruno CalvoJean-Pierre Jeunet, tout comme Luc Besson ou Jean-Jacques Annaud, est un réalisateur à part dans le cinéma français. Doté d’un indéniable talent pour le visuel, il écrit lui-même ses scénarios où se ressentent toutes les fantaisies d’un cinéaste amoureux des belles histoires et des acteurs et actrices qui les incarnent à l’écran.

Si sa collaboration avec Marc Caro était déjà synonyme d’une originalité parfois déconcertante, sa carrière en solo démontre qu’il n’a rien perdu de son sens visuel. Il faut cependant apprécier des couleurs parfois saturées, chaudes et cuivrées, ou un peu plus froides selon ses films, ainsi que des histoires toujours loufoques où règnent pourtant une poésie et un hommage aux cinéastes d’antan.

Jeunet, qui avait littéralement enchanté la France avec Amélie Poulain, et une grande partie du monde dans lequel s’est exporté le film, réitère ici l’exploit de nous livrer une fois de plus une fable urbaine moderne dans un Paris et sa banlieue qu’il décore d’une manière plus que fantasque, pour une histoire à nouveau loufoque tout en étant drôle et décalée.

Dans cette étrange cour des miracles vivent des personnages aussi énigmatiques qu’attachants, portant tous des surnoms (Placard, Tambouille, Fracasse, Calculette, Remington, Petit Pierre, ou La môme caoutchouc) tels les sept nains de Blanche-neige, emmenés par des acteurs et actrices au naturel déconcertant, qui servent une histoire où l’inventivité du cinéaste ne fait en aucun cas défaut.

Dany Boon, star de ce film hors normes, se révèle ici un acteur de plus en plus probant, si tant est que l’on apprécie son style, également très particulier.

La première chose qui frappe ici, c’est l’influence flagrante de Charlie Chaplin et de Bourvil,André Dussollier. Warner Bros France - Bruno Calvo avec un brin peut-être de Mister Bean, en plus attendrissant et plus chaleureux quand même.

On a vraiment l’impression parfois de voir un nouveau « vagabond » (la scène du taxi, dans un Paris à qui Jeunet voue, au travers de ses images, un amour sincère et flagrant, le carton dont il se sert comme couverture pour dormir, ou encore quand il se lave les pieds grâce au camion municipal de nettoyage des rues).

Du tout bon donc pour ce dernier Jeunet où l’on retrouve des acteurs de la vieille et de la nouvelle génération…que ce soit Jean-Pierre Marielle, André Dussolier (qui faisait déjà la voix off d’Amélie Poulain) ou Yolande Moreau (ex Deschien), le désormais incontournable Dominique Pinon, grand fidèle du réalisateur, Michel Crémadès, éternelle tête à claque des comédies franchouillardes des années 70 et 80, ou encore Omar Sy, échappé de son SAV qui nous la fait Eddie Murphy, ou encore Julie Ferrier, humoriste mise en scène par Isabelle Nanty (que Jeunet connaît bien), avant d’avoir quelques rôles au cinéma.

En bref, Mic macs …est une comédie loufoque et décalée comme sait les faire Jean-Pierre Jeunet. Il faut donc aimer son style particulier pour apprécier ce film qui ne décevra en aucun cas ceux qui, comme moi, sont tombés sous le charme d’Amélie Poulain. Une totale réussite pour une comédie rythmée, inventive et drôle, fable urbaine et contemporaine sur un sujet grave (les marchands d’armes) qui réussit à mêler l’ancien et le moderne (« c’est d’la récup ! ») et où les situations cocasses et les quiproquos s’enchaînent pour le plus grand plaisir du spectateur.

 

Le Blu-ray : 17/20

Dany Boon et Jean-Pierre Marielle. Warner Bros France - Bruno Calvo« Je ne regarde plus que des Blu-rays »…

Cinéaste désormais reconnu, qui cite souvent Marcel Carné ou Jacques Prévert, on aurait pu s’attendre de la part du bonhomme un amour inconditionnel des salles obscures.

Il n’en est rien. En fait, pour lui les salles de cinéma ne respectent plus vraiment aujourd’hui la colorimétrie des films d’auteurs, dont indéniablement il fait partie.

Selon lui, seul le nouveau support numérique est à même de restituer les choix artistiques des réalisateurs, à condition bien sûr que ce dernier supervise lui-même le transfert.

A l’instar de Spielberg dont les choix artistiques sont différents sur chacun de ses films et qui supervise également lui-même les transferts numérique en Blu-ray (voir Minority Report, et bientôt Soldat Ryan), Jeunet s’est donc investit personnellement sur chaque Blu-ray de ses films afin de ne pas trahir la photographie si particulière de ses œuvres. Fort de sa passion pour le support numérique, il en résulte une image qui rend hommage aux possibilités du support. Sans être parfaites, les images nous offrent une très belle définition, avec une profondeur de champDany Boon. Warner Bros France - Bruno Calvo conséquente, et une surtout une palette colorimétrique qui, bien que chargée en couleurs de toutes sortes, s’en sort avec les honneurs. Pas une couleur ne bave, et nombre de détails s’offrent à nos yeux.

Un très léger bruit vidéo cependant, qui se laisse entrevoir sur l’ensemble du film et surtout sur les effets de fumées et scènes sombres (la scène sur les toits de Paris où Bazil joue les espions avec son micro par les cheminées). Assurément du beau travail compte tenu des caractéristiques pointues utilisées par le réalisateur.

 

Les bonus : 15/20

« Micmacs : au four et au moulin »  47’20 en HD (AVC) Stéréo

Making-of qui, outre les techniques employées pour les principales scènes, met surtout en avant les postes secondaires, mais tout aussi essentiels, qui sont nécessaires pour sortir un film. Jeunet qui travaille, quand ses collaborateurs ne sont pas sollicités par les américains,  toujours avec la même équipe, nous présente donc les divers postes ordinairement laissés dans l’ombre…

- accessoiristes

- costumières

- photographie

- doublures

- ingénieurs sons

- maquilleuses

- décorateurs

- cascadeurs

- effets visuels et spéciaux

- artificiers

- infographistes

- projection test

- postsynchronisation

- séances promotions du film…

Le making-of passe donc en revue les divers petits problèmes techniques, les bonnes surprises (visite d’Audrey Tautou) comme les mauvaises (tournage retardé pour cause de beau temps (???!!!) eh oui) et surtout la bonne humeur constante sur le plateau entre le réalisateur et son équipe d’acteurs et techniciens. Pas aussi passionnant et aussi bien foutu que les making-of de Laurent Bouzereau, mais très instructif, car au moins on a un bon aperçu sur le vif d’un tournage français.

 

« MasterClass Jean-Pierre Jeunet » 32’03 en SD Stéréo

Dany Boon. Warner Bros France - Bruno CalvoA l’occasion d’une séance promo du film avant sa sortie, Jean-pierre Jeunet répond aux questions d’un public qui n’a cependant pas encore vu son film. Que ce soit d’une future collaboration avec Marc Caro ou de la manière de trouver ses histoires, les questions tournent donc autour de ce que les gens espèrent ou ont déjà vu du cinéaste.

Avec une bonne humeur et un humour parfois involontaire, il revient sur son parcours où l’on apprend par exemple que les américains sont venus le chercher pour réaliser un Harry Potter, mais qu’il a refusé le projet parce que déjà écrit et calibré dans les moindres détails. Ou qu’un autre projet est prêt à être tourné par les américains (Jeunet ayant photographié story-boardé tous les plans) mais dont le budget conséquent (85 millions de $) a refroidi les investisseurs américains.

Il met donc en avant son désir de contrôler un maximum de choses sur les projets qu’il décide de mettre en image.

S’il écoute les idées, il clame haut et fort que c’est lui le chef, et que si son style ne plaît pas, libre à chacun d’aller voir chez le voisin. C’est donc un créateur artistique qui a déjà tout prévu et qui ne laisse que très peu de place à l’improvisation et aux influences extérieures.

Il parle également de son amour inconditionnel pour Paris, et du cinéma en général, en parlant de Besson, Mabrouk El Mechri, Spielberg ou Scorsese. Intéressant …afin de mieux connaître le gaillard.

 

« Label Otero »  27’47 en HD (AVC)

Apparemment grand ami du réalisateur, Manuel Otero, responsable d’un studio d’animationDominique Pinon et Omar Sy. Warner Bros France - Bruno Calvo revient en compagnie du réalisateur sur sa carrière de dessinateur et d’animateur.

Si le personnage est sympathique, ça ne parlera pas au plus grand nombre des amateurs de Jeunet et on s’éloigne vraiment de son univers (on verra tout de même un extrait du premier court-métrage de Jean-Pierre Jeunet, en Stop Motion image par image « Le manège »), même si Manuel Otero est celui qui a mis le pied à l’étrier au réalisateur.

L’interview est suivie de quelques courts-métrages d’animation du bonhomme, animations qui datent pour la plupart des années 60. Le passage en HD est très correct, mais le style pourra déconcerter sur l’humour de l’époque et le style.

                  -         La ballade d’Emile (2’16)

-         Arès contre Atlas (7’16)

-         Contre-pied (6’39)

-         Univers (8’41)

Filmographie sélective de Manuel Otéro

Bande-annonce du film (1’53) HD

Commentaire Audio de Jean-Pierre Jeunet

  

Image : AVC – Cinémascope 2.40

Distributeur Blu-ray : Warner France

BD 50



Publié dans Côté BLU-RAY

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Commenter cet article

borat8 24/06/2010 20:33

"Ils sont ou les missiles, Colonel Trautman? -Ils ne sont pas loin... Ils sont dans ton cul!" lol
Sinon, j'ai abordé Rambo si ça t'intéresse.

kschoice 24/06/2010 19:38

C'est eux qui ont verser le premier sang colonel...je voulais juste manger un morceau...

borat8 23/06/2010 16:29

A coups de mitraillette et flèche explosif! ça va être notre putain de guerre!

kschoice 23/06/2010 14:07

Mouaiiiiiiiis...on va tout faire péter !!!!

borat8 19/06/2010 23:18

Enorme le Vietnam! Je vais me prendre pour Rambo!lol