LE ROI LION

Publié le

(The lion king)

de Roger ALLERS et Rob MINKOFF

(Etats-unis - 1994)

genre : animation / 1h25

Le lion Mufasa, roi des animaux, et son épouse Sarabi donnent naissance à Simba, un futur héritier. Mais Scar, le frère de Mufasa, voyant diminuer ses chances d'accéder au trône, incite le lionceau à s'aventurer dans un cimetière des éléphants situé au-delà des frontières du royaume...

 

Il y a dans une vie des œuvres qui marquent plus que d’autres, qui nous touchent d’une manière incompréhensible, mystérieuse, fascinante. A la sortie du Roi lion, très médiatisé par une bande-annonce magnifique (en fait l’intro de 4 mn du film), porteuse d’émotion, et bien qu’ayant passé l’âge d’aller voir des dessins animés au cinéma, et n’ayant pas encore d’enfant en âge de voir ça au cinéma, j’y suis allé avec ma compagne d’alors. Que de frissons. Tourné d’une manière plus cinématographique que les Disney du passé, très largement inspiré par Hamlet, un drame qui m’a également toujours fasciné, le film possède une force incontestable qui me remue à chaque visionnage. Entre rire et larmes, le dosage est habile et parfaitement maîtrisé, le tout soutenu par la musique de Hans Zimmer.

 

Bien que parfois très théâtral, le film oscille entre force visuelle et puissance du propos. Assurément l’oncle Scar est un méchant inoubliable tant il allie cruauté et félonie, qui font de son personnage un traître magnifique dans la complexité de son personnage. Cynique, comploteur fourbe aussi classieux qu’effrayant, il se révèle donc un formidable méchant, surtout avec la postsynchronisation théâtrale de Jean Piat (voix française de Ian McKellen) qui lui confère un une aura supplémentaire d’ignominie.

Je ne sais plus quel cinéaste (n’hésitez pas à éclairer ma lanterne si vous avez la réponse…il me semble, sans certitude que c’est Hitchcock) déclarait que si un méchant est réussi, le film le sera également, mais c’est ici bien le cas.

 

Mais il n’est bien sûr pas le seul…toute une galerie de personnages accompagne l’oncle malfaisant…Le roi Mufasa (voix française de Jean Reno) tout d’abord qui règne sur son royaume et ses sujets avec toute la bienveillance d’un souverain responsable. Le conseiller du roi, Zazou, un oiseau coloré, sorte de majordome drastique tout dévoué à son maître. Rafiki, un babouin sorcier, sage et chaman, qui baptisera dans la scène d’ouverture (Le cycle de la vie) le petit prince répondant au nom de Simba. Suivront aussi Sarabi, la digne épouse du roi, Nala, compagne de jeux du prince, ainsi que les drôlissimes  crétins merveilleux et attachants que sont Timon et Pumba, un suricate nerveux, et un phacochère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Comme dans tout Disney qui se respecte, le méchant n’est jamais seul, ici Scar s’attribuera les faveurs des hyènes Shenzy, Banzaï et Ed, qui bien que méchantes, assureront une bonne partie des situations comiques.

Des scènes magnifiques donc, dans une animation fluide, avec des personnages profonds et charismatiques.

 

Cela commence avec Le cycle de la vie…présentation de la terre des lions et de Simba le prince.

Puis quand le lionceau grandit, les inévitables bêtises d’enfants qui seront sanctionnées par un royal sermon, plus emprunt de paternalisme et qui laissera finalement éclater une complicité père/fils du plus bel effet.

Survient alors le complot de Scar visant la mort de la famille royale. Mufasa qui y laissera sa vie en sauvant celle de Simba, dans une séquence impressionnante et d’une force visuelle et émotionnelle très fortes (la panique des gnous)…puis le fourbe Scar apparaissant dans le nuage de poussière tandis que Simba se glisse entre les pattes de son père sans vie.

S’en suivra l’exil de Simba qui réussira à échapper à la mort ordonnée par son oncle.

A la limite de ses forces, perdu en plein désert, il sera malgré tout sauvé de justesse par Timon et Pumba avec qui il liera une amitié forte et incompressible.

 

Alors qu’il devient adulte, Rafiki le retrouve, ainsi que Nala, et tous deux lui feront prendre conscience de sa place, de son rôle, l’un en lui montrant l’esprit de son père défunt, céleste monarque qui le fera revenir à la raison… « N’oublies pas qui tu es !», et l’autre en lui avouant les sombres méfaits de son oncle qui s’est associé aux hyènes.

Bien sûr, l’héritier légitime défiera l’usurpateur assassin dans un combat sauvage et violent, qui mettra fin au règne de tonton le balafré.

C’est l’heure pour le roi légitime de prendre les rênes de la tribu…sous une pluie battante, l’enfant prince, autrefois insouciant et joueur, se transforme sous nos yeux en un roi sublime à la démarche altière. L’avènement est soutenu une fois de plus avec les magnifiques partitions d’un Hans Zimmer plus qu’inspiré.

 

Quelques temps après, la boucle est bouclée…Le cycle de la vie continue donc avec la naissance d’un nouveau prince qui clôture un film admirable sur tous les points…mise en scène, scénario, musique, postsynchronisation, portée philosophique et puissance émotionnelle. Sans conteste mon Disney favori que j’ai bien du voir une trentaine de fois jusqu’à en connaître les dialogues par cœur. Un film qui me fait autant frissonner que rire. Un coup de cœur absolu, qu’aucun autre Disney, jusqu’ici, n’a réussi à occulter. 19/20

  

  

  



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kschoice 29/04/2011 13:52

Septembre ou octobre oui...Apparemment il y aura trois éditions...le blu-ray 3D/2D/, une avec le BR+DVD+copie digitale, et un coffret qui regrouperait l'intégrale...Le roi lion 1,2,3 en DVD+ le Blu-ray 2D/3D + copie digitale des trois films si j'ai bien tout compris ;-)
Vivement en tous cas.

borat8 28/04/2011 23:03

D'après ce que j'ai entendu, ce serait pour octobre et avec une édition BR 3D.

kschoice 25/04/2011 19:59

Eh bien....ça c'est du com ! Tu me fais bien plaisir, car je me suis retrouvé tout autant dans ton article...chaque mot, ou référence que tu apprécies dans ce film, marquent indéniablement le spectateur. C'est, à n'en pas douter, en tous cas pour beaucoup de monde, le plus dessin animé jamais réalisé.
On sent bien dans ton com cette passion pour ce film. On a la même, et je dois dire que j'attends impatiemment la sortie du Blu-ray prévue pour septembre je crois.
Ma fille ne l'a pas encore vu, mais dès que j'aurai le Blu-ray, j'organiserai une petite séance ciné.
J'ai bien le DVD, mais je préfère attendre un peu...Le blu-ray sera certainement sublime en termes d'image et de son, et sur grand écran c'était tellement immense que je suis retourné le voir une seconde fois.
Tout y est très intense, et ils ont réussi un mélange humour/drame très habilement dosé...l'exil de Simba après la mort de son père, puis la rencontre de Timon & Pumba...en quelques minutes, on passe d'une profonde tristesse à une franche rigolade quand on voit l'histoire de ce phacochère péteur :-)
Les décors, les chants africains, même la post-synchro française, avec la voix un peu éraillé de Simba jeune, puis douce mais autoritaire pour Simba adulte...Med Hondo pour Rafiki et Jean Reno et Jean Piat pour Mufasa et Scar...même pour les hyènes, les voix sont sublimes.
Non vraiment, on ne peut que succomber à cette animation hors du commun. Les captures d'écrans, croissantes, reflètent en quelques images la beauté du truc.
Merci de ton com passionné et fort chaleureux, ça me fait bien plaisir ;-)

Le umas 25/04/2011 10:23

Quel bel article, et magnifique hommage à ce chef-d'oeuvre du cinéma :) Je partage ton avis de la majuscule du début au point final, sauf pour la note...21/20 pour ma part, justement parce que je ne lui trouve pas de défaut et qu'il a quelque chose de plus qui te remue à chaque fois ;)
J'ai du le voir plus de 100 fois, je le connais par coeur, mais à chaque fois, il me remue toujours autant.

C'est beau de bout en bout. L'introduction est sublime, certainement la plus belle et la plus poétique de tout le cinéma d'animation. Et très, très chargée émotionnellement, quand le refrain arrive, j'ai la chaire de poule, et à la reprise, lors de la présentation de Simba, ce sont des larmes.

Rien qu'à regarder tes captures d'écran je revis ce film d'une intensité énorme. L'image de Mufasa mort, Simba sous sa patte et Scar le regard froid et malfaisant en arrière, elle est d'un force sans nom. A l'inverse, les images finales sont porteuse d'un espoir au moins aussi grand que le désespoir de Simba dans la première.

Dans le genre ultra-intense, tout le passage de la débandade des gnous est à la fois stressant et dramatique. La musique joue encore un rôle majeur, avec les choeurs. Et quand Mufasa s'aggripe à la falaise, déjà là, la gorge est nouée, et quand il meurt, c'est fini.

Puis, il y a encore celle du combat avec Scar, qui comme je l'ai expliqué dans mon article, est d'une violence inouïe, dans les attitudes bien sûr, mais surtout dans le regard qu'ils ont. C'est une lutte à mort, clairement. D'ailleurs, on peut voir le cas similaire dans le combat entre Simba et Nala au début, c'est ultra violent aussi. Et quelle musique en arrière plan (entre Scar et Simba)!!!

Et finalement, certainement la scène la plus émotive du film, celle où je pleure à chaque fois, quand Simba monte sous le rocher ("C'est l'heure") sous la pluie, avec une musique magique, le "N'oublie Pas" et finalement les rugissements qui donnent à eux seuls la chaire de poule. Rien que d'y penser, j'ai déjà une boule dans la gorge XD

Je pourrais continuer à lister les scènes encore longtemps (quand Rafiki retrouve les poils de Simba, quand il lui montre Mufasa dans le nuage, etc, quand Mufasa raconte l'histoire des ancêtre à Simba, etc).

Et comme tu le dis, les personnages sont tous charismatique, la palme revient évidemment à Scar, méchant intelligent, machiavélique, fourbe, mais fascinant. Timon et Pumbaa sont hilarant, comme les hyènes (qui peuvent me faire pleurer de rire XD).

Puis, graphiquement, c'est le top de l'animation 2D. Il n'a pas pris une ride. C'est fluide, coloré, réaliste mais assez humain pour qu'on s'y attache. L'environnement fait rêver à lui seul.

Je conclus en te citant, parce que tu exprimes parfaitement mon ressenti:

"Le cycle de la vie continue donc avec la naissance d’un nouveau prince qui clôture un film admirable sur tous les points…mise en scène, scénario, musique, postsynchronisation, portée philosophique et puissance émotionnelle. Sans conteste mon Disney favori, un film qui me fait autant frissonner que rire. Un coup de cœur absolu, qu’aucun autre Disney, jusqu’ici, n’a réussi à occulter"

En tous cas, félicitations pour ton article :D

kschoice 19/04/2010 19:51

Eh bien merci beaucoup Windsor, ces félicitations me touchent beaucoup :-)