L'AUTOMNE

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Ouverture d’une nouvelle rubrique sur ZE blog du facteur…Comme son nom l’indique, j’y parlerai … de tout et de rien. Au gré de mon état d’esprit, de mes humeurs changeantes (je suis, et j’assume, assez lunatique) il pourra s’agir d’une simple photo, d’un avis rapide sur une sortie d’album qui m’a plu ou déçu, de quelques poèmes ou nouvelles que j’ai écrits (si toutefois j’arrive à les retrouver dans mes cartons), un simple coup de gueule ou même une histoire drôle qui m’a fait marrer, pourquoi pas. Rien n’est encore bien défini, déterminé.

Ce sera donc le hasard le plus total, et vous pourrez y trouver aussi bien du futile que de l’agréable peut-être bien…Sans aucune structure, il se peut que l’édifice s’écroule, quoiqu’il en soit, les commentaires sont là, ou pas, pour me dire si je suis sur la bonne voie, ou pourquoi pas, pour les moins timides d’entre vous, m’aider à la construction.

Au plaisir de vous lire dans les commentaires…

 

 

Pour ce second article de cette rubrique, j’ai choisi, après mûres réflexions, de mettre en ligne un texte que j’ai écrit il y a quelques années (il y en aura d’autres)…Pourquoi après mûres réflexions… ? Parce qu’il n’est jamais évident de mettre ses propres créations sur Internet à la vue de tout à chacun qu’il soit honnête ou pas. Ce sont des choses somme toute assez personnelles, et qui peuvent être détournées, sans compter le jugement des autres à qui l’on soumet ce que l’on a créé avec son cœur. La peur du qu’en dira-t-on, l’anonymat du net permettant en outre de se lâcher et de dire à l’auteur le fond de sa pensée…en bien (j’espère) mais également en mal…tous ces risques bien réels et quelque part effrayants, peuvent être parfois un frein au partage sincère. Mais il faut savoir faire confiance aux autres, même si cela peut paraître naïf et candide. Il n’est jamais évident de se soumettre au jugement des autres, mais après quelques années à écrire des articles sur le cinéma, je sais que parfois, il est bon de partager autre chose qu’un avis sur l’œuvre d’un autre.

Je n’ai pas la prétention de me définir comme un poète, plus comme un être qui aime jouer avec les mots, les manipuler, les ranger dans le bon ordre pour en sortir quelque chose d’agréable à lire. Aussi ce fût une décision difficile à prendre, assurément de longue date, que de vous livrer mes mots en pâture, de les laisser sortir de la simple feuille de papier où ils sont nés, ont trébuchés sur une rime difficile à trouver, ou un nombre de pieds impairs qui aurait rendu l’ensemble bancal et dissonant.

J’ai bien tenté de me mesurer au jugement d’autrui en m’inscrivant dans des concours organisés par la RATP ou La Poste, du genre Le printemps des poètes ou autres dénominations un peu cucul la praline, ou encore de mettre dans une dizaine de maisons d’éditions un roman de 300 pages que j’ai écrit il y a maintenant pas loin de 17 ans…peine perdue…il semble que nous soyons nombreux à vouloir vivre d’un passe-temps pour le moins hasardeux. Trop nombreux, pour que tous les manuscrits soient effectivement lus par des personnes elles aussi stressées par les trépidations d’une vie moderne qui ne laisse que peu de temps accordé à chaque chose.

J’ai donc remisé mes nombreux textes dans des tiroirs, puis des cartons de déménagement, puis plus tard, la technologie aidant, sur des disquettes informatiques…puis finalement dans l’oubli le plus total, certaines de ces disquettes étant devenues illisibles par un matériel devenu rapidement obsolète. J’ai donc perdu, avec un profond désespoir, quelques-uns de mes textes, j’en ai retrouvé d’autres, et puis je me suis dit à quoi bon…où tout cela me mènera-t-il ? A quoi ça sert de coucher sur le papier ce qui traîne dans ma tête ? Même si mon entourage (essentiellement mes parents) m’a conforté dans l’idée que ce que je faisais était bon, leur avis m’était acquis d’avance du fait du côté filial et de leur désir de ne pas brider ce loisir créatif.

Mais finalement, une œuvre, quelle qu’elle soit, est faite pour être partagée…il m’est revenu le souvenir de Bruno Martelli, claviériste talentueux du film Fame (vous voyez, quoi que je fasse j’en reviens toujours au cinéma, et ce post à donc plus ou moins rapport avec :-) ) qui composait en secret sans jamais vouloir faire écouter sa musique…je m’étais dit à l’époque…mais pourquoi, c’est super ce qu’il fait !!! Pour ceux qui ont vu le film, le père décide de lui piquer ses bandes, d’installer des gros HP sur son taxi et de balancer la zique dans les rues de New-York…Aussi, et sans aucune certitude de l’effet qu’aura cette lecture sur ceux qui auront la curiosité de s’y confronter, j’ai décidé de (dé)livrer ces simples mots au jugement de ceux qui parcours les blogs pour faire connaissance et parfois se lier d’amitiés virtuelles avec l’auteur…c’est le cas de certains d’entre vous, qui sont devenus des fidèles parce qu’ils ont apprécié mon style d’écriture…et je les en remercie.

 

Ainsi donc, voici un texte que j’ai écrit en 1999, sobrement baptisé L’automne qui m’est venu au doux soleil d’un été indien où les couleurs de l’automne émerveillaient mes pupilles, le blanc des quelques nuages tranchait avec le bleu du ciel, le soleil perçait à travers les branches d’arbres, et les feuilles jaunes se mêlaient avec délice dans un vert encore tendre d’une herbe abondante et encore grasse…j’avais de la musique dans les oreilles, un truc à la fois beau, et mélancolique à la guitare folk, qui parlait de la mort, mais surtout de la vie…des mots ont commencé à se faire une place dans mon esprit, puis des phrases, ne restait plus qu’à trouver des rimes pour fluidifier et accorder le tout,  et en faire ce que vous allez lire (si vous êtes arrivé jusque là, m’est avis que vous continuerez bien encore un peu).

Puisque nous sommes en plein dans l’époque, quoique les couleurs dont je parle aient disparues depuis quelques temps, c’était l’occasion de choisir celui-ci plutôt qu’un autre. J’avais, au départ, l’idée de faire les quatre saisons en poèmes, puis de faire un diaporama d’images, avec en fond la musique de Vivaldi, mais si je suis passionné, je suis également lunatique, et quelque peu fainéant. Le projet n'est donc pas totalement oublié, mais entre parenthèses, très certainement.

 

Juste encore quelques mots…je sais, je suis plutôt du genre bavard, que ce soit à l’oral comme à l’écrit, et ceux qui me connaissent désormais ont pu le constater à la longueur de mes commentaires passionnés. Mais c’est ce que je suis, et j’ai toujours préféré les versions longues, au cinéma comme en amour ;-)

Les mots qui suivent sont des mots simples, sans style particulier, mais j’espère qu’ils auront la faculté de vous montrer les paysages que je décris, un peu comme un diaporama estampillé National Géographic en quelque sorte…mettez-y vos souvenirs personnels, choisissez instinctivement les plus belles images.

Ne lisez pas trop vite, la ponctuation est importante, les virgules sont là pour aérer le phrasé, les mots sont comme une musique et ils ont besoin de rythme pour être fluides…chaque vers est composé de huit pieds, et la virgule apparaîtra sur certains d’entre eux après la quatrième syllabe (pied donc). De même, il faut essayer de prononcer toutes les syllabes des mots…je sais qu’aujourd’hui, avec les langages SMS et la vie trépidante que nous menons, on a tous pris des automatismes, des raccourcis…mais la journée est finie, alors prenez votre temps…par exemple pour "maître", prononcez maî/tre, pour « doucement », prononcez dou/ce/ment. Allez j’arrête là et je vous laisse juger…tout comme la plèbe jugeait le talent du gladiateur dans l’arène (Et voilà…encore du cinoche :-D )

 

L’AUTOMNE

Quand le soleil, un peu moins fort

En maître brille de tous ses feux

Changeant les feuilles des arbres en or

Rendant les hommes un peu plus vieux

*

Les peaux se couvrent, les âmes changent

Que peut-on faire contre tout c’la ?

Contre cette impression étrange

D’être plus proche de l’au-delà ?

*

Par ses couleurs, saison magique

La mort en habit d’Arlequin

Par ses douleurs, saison tragique

Quand elle se lève de bon matin

*

Comme des insectes, les feuilles s’envolent

Portées par des vents incessants

Puis lentement s’échouent au sol

En un tapis resplendissant

*

La brume envahit les montagnes

Les loups se terrent dans les forêts

Les corbeaux règnent sur la campagne

Et les vents se font bien plus frais

*

Au fond des eaux, troubles ou limpides

La vie s’endort, tout doucement

Les nageoires se font plus timides

Dans l’attente triste du printemps

*

Les arbres nus se font fragiles

Leurs habitants se font patients

Le monde sauvage se tient tranquille

Du moins pendant un certain temps

*

Quand la pluie tombe, puis tombe encore

Rude et froide, inondant la terre

Quand elle devient gel à l’aurore

Voici venir le rude hiver.

Eric Beaume / 1999



Publié dans De tout...et de rien

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Sportswear 02/09/2011 15:59

magnifiqueAttention, je viens de voir aux infos que le Médiator était dangereux pour la santé, alors fais gaffe Du coup je vais me mettre à jouer avec les doigts pour ma basse.

Tangokoni 14/07/2011 10:29

Ce que tu dis est tout à fait vrai, du moins je le pense aussi; presque tous les jours, quand je vois qu'en voiture par exemple on se croirait sur un jeu vidéo et les conducteurs dans leur tank, "je passe pousse toi" , je me pose la question : "mais que manque-t-il ou qu'y a-t-il de trop dans le cerveau de l'être "humain" , pour qu'il soit aussi vil ? et je ne prends qu'un exemple bien tendre, je ne parle pas de sa capacité à tuer, torturer, etc..... sans même avoir aucun scrupules.......

Suis en colère là lol, il y a vraiment beaucoup de gens INhumains.

kschoice 11/07/2011 19:56

C'est clair que l'on garde des blessures plus profondes que les autres. Et certaines personnes ne se gênent pas pour écraser les autres. Mais du point de vue psychologique, cela peut s'expliquer...il est avéré que dans la majorité des cas, c'est pour compenser la peur d'être écrasé par les autres...ils se disent "autant que ce soit moi" et ressentent un certain pouvoir (un pouvoir certains pour quelques-uns d'entre eux) qui leur font oublier leur peopre peur.
Pour des cas isolés, par contre, il s'agit d'une vraie méchanceté, générée par une aigritude féroce...solitude, jalousie, sadisme...mais là c'est extrême.

Tangokoni 06/07/2011 09:19

Je crois que c'est un peu inévitable, des brebis galeuses il y en a partout; avec le temps les souvenirs âpres deviennent juste des anecdotes, qui font partie des expériences de la vie en général. Mais bon .... euh .... il y a des gens méchants quand même, et qui blessent dur.

kschoice 27/06/2011 12:48

Et oui, malheureusement, on a tous une personne, un voisin, ou même dans sa famille ce que l'on pourrait appeler une brebis galeuse, persuadée de tout savoir et bien sûr d'avoir raison, vociférant toute sa haine et sa rancoeur. Ce sont malheureusement des personnes aigries par la vie...la leur en premier lieu, mais aussi celle des autres, jalousie, rragots etc...
Je comprends que tu aies pris sur toi ce premier jour, mais perso, quand ça va trop loin, notable ou pas, j'envoie chier la personne, je travaille pas pour me faire insulter, et s'il y a problème elle n'a qu'à aller se plaindre à qui de droit.
Ca ne m'est jamais véritablement arrivé, car j'essaie de garder mon calme et de trouver les mots qu'il faut pour expliquer la situation, mais il m'est arrivé une fois de me prendre la tête avec un gars qui pensait que c'était moi qui rayait sa voiture en passant avec mon vélo sur le trottoir, plutôt étroit....Je lui ai démontré que j'avais de la place malgré tout et que ses rayures ne correspondaient pas à la hauteur de mon panier...il n'a rien voulu savoir, gueulait comme un veau qu'il voulait faire un constat....je lui ai dit qu'il n'avait qu'à le faire son constat mais qu'il ne comptait pas sur moi pour que je le signe. Au total, il n'est même pas allé se plaindre à la Poste, et je n'ai plus entendu parler de lui. Je pense qu'il cherchait un pigeon pour se refaire sa carrosserie.
Je crois que chaque facteur possède son lot d'anecdotes, bonnes ou mauvaises...mais avec le temps, même les mauvaises deviennent moins douloureuses, et comme tu le dis, les bonnes prennent le pas sur les mauvaises, pour n'en garder que de bons souvenir.
A quoi bon garder en soi de mauvais souvenirs après tout :-)