FAME

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Découvrez Irene Cara!

d'Alan PARKER

(Etats-Unis / 1980)

genre : film musical / 2h15

Ils sont nombreux à passer l'examen d'entrée de la célèbre High School of Performing Arts de New York. Très peu y accèdent. A l'issue de ces quatre années de formation, rares sont ceux qui parviennent au firmament du show-biz.

On peut dire qu’Alan Parker connaît la musique. Lui-même musicien, sa filmographie ne compte pas moins de cinq films musicaux (Bugsy Malone, Fame, The wall, The Commitments et Evita) sur les 14 qu’il tourne pour le cinéma. Peut-être est-ce pour cela qu’inconsciemment j’ai une attirance particulière pour cet excellent réalisateur assez peu mis en avant et un brin sous-estimé face à des géants comme Spielberg ou Scorsese. Mais pas seulement pour la musique qu’il met, il faut bien le dire avec tant de passion, brillamment en scène. Doté d’un sens visuel discret mais des plus élégants qui confère finalement à ses films une efficacité certaine, il interpelle le spectateur à chaque oeuvre, que ce soit dans sa manière de filmer, ou par les sujets choisis.

Si Bugsy Malone, son premier film était plus tourné vers la comédie musicale farfelue, avec la collaboration à l’écriture d’Oliver Stone, il s’attelle à un sujet bien plus sérieux avec l’emprisonnement d’un jeune américain en Turquie pour trafic de Haschich…le succès de Midnight Express qui le fera connaître dans le monde entier, lui donne l’opportunité de revenir pour un temps vers la musique et le monde des artistes.

 

En 1980, il pose donc sa caméra d’une école d’arts et de musique…Sans structure bien définie, avec un nombre de figurants impressionnants, il décide de rendre hommage à toutes les formes d’arts du spectacle…Musique, danse, chant, comédie…Les élèves comme les professeurs sont les acteurs de ces tranches de vies que Parker visite parfois d’un rapide coup d’œil pour donner du rythme à son récit, parfois plus intimement pour souligner le côté humain des protagonistes. A travers des plans fixes, de légers travellings, ou une caméra au plus près du corps des comédiens, il magnifie les ambitions qui animent tous ces jeunes qui ne vivent que pour leur passion et qui veulent ne serait-ce que toucher du doigt la célébrité (fame) et la reconnaissance de leur talent.

Comme toujours, l’humour n’est pas en reste chez Parker, mais il sait aussi toucher la corde sensible…Que ce soit une jeune black venant passer une audition en compagnie de son copain, ce dernier étant finalement retenu car de loin bien meilleur qu’elle (Leroy – Gene Anthony Ray), que ce soit le jeune auteur compositeur perfectionniste qui préfère la musique moderne et compose sur ses claviers sans jamais faire écouter sa musique aux autres (Martelli – Lee Curreri), que ce soit l’homosexuel assumé (auteur en devenir de pièces de théâtre) qui se servira de sa sensibilité pour toucher son entourage et se faire accepter comme tel (McNeil- Paul McCrane), que ce soit la jeune chanteuse à la voix aussi frêle que puissante qui à force de rêve de succès acceptera la première proposition louche d’un séducteur arriviste (Coco – Irene Cara), que ce soit le comique de service sûr de son talent pour le stand-up qui à force d’orgueil se verra vite remis à sa place sur une scène d’un cabaret (Garcey – Barry miller), ou que ce soit cette actrice juive étouffée par sa mère au point qu’elle pense au suicide, mais qui se servira de ses émotions pour son jeu de comédienne (Finsecker – Maureen Teefy)…tous ces talents vont se croiser, s’aider les uns les autres, nouer des relations amicales, artistiques qui reflètent finalement toute la beauté du talent qui sommeille en eux.

 

Parker jette donc un regard pertinent sur le monde du spectacle, mais aussi sur les parents qui ignorent ou mettent trop en avant des capacités pour le moins fragiles devant la dureté d’un enseignement parfois sévère et frustrant. Les professeurs sont eux aussi assez sympathique finalement (Shorofsky ou Sherwood notamment).

Comme je le disais, pas de structure scénaristique précise ou évidente. Parker enchaîne les plans, passant du cours de danse, terrain de règlements de comptes ou de séduction à peine cachée, à la cantine reléguée en salle de répétition, des couloirs envahis d’étudiants aux mains remplies d’instruments, de cahiers ou de tenues de danse, des rues crasseuses d’une ville cosmopolite et surpeuplée où rôdent aussi bien des artistes enfants bientôt adultes, que des pédophiles ou arnaqueurs de toutes sortes.

Vibrant hommage à l’art du spectacle, initiateur de la série qui connaîtra un grand succès par la suite, le film passe donc en revue toute une galerie de personnages attachants et leur personnalité profonde. Les faux espoirs comme la fierté de la réussite…comme cette fameuse scène où le père de Martelli, las de voir que son fils n’a pas confiance en lui, pique une de ses bandes, installe des haut-parleurs sur son taxi et met le son à fond, rameutant au passage tous les élèves de l’école qui encombreront bientôt l’avenue dans un ballet gigantesque et pour le moins générateur d’embouteillages et de bagarres.

Destins croisés aussi fabuleux que tristes parfois, une totale réussite pour un réalisateur qui n’a pas encore, à l’époque, livré le meilleur de lui-même. Incontournable et désormais un grand classique. 18/20

  

  

 P.S (Post-Scriptum et non pas Parti Socialiste ;-) )

Le film a fait récemment l’objet d’un remake qui sortira fin 2009…en voici le teaser...

Plus d'infos sur ce film

Publié dans classiques

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Commenter cet article

Kschoice 19/09/2009 20:19

La SF est un genre que j'affectionne tout particulièrement aussi je le verrai très certainement. Mais n'ayant pas beaucoup de temps pour le cinéma, ce sera probablement en location Blu-ray.

borat8 18/09/2009 22:59

Je te le conseille vivement!Une référence de SF!

Kschoice 18/09/2009 18:23

Pas encore vu District 9, mais on m'en a dit du bien.

borat8 18/09/2009 17:42

A croire qu'ils n'ont que a à foutre!Heureusement qu'il y a des mecs comme Eastwood et recemment Neill Blomkamp avec son film déjà culte District 9 ont de l'imagination!

Kschoice 15/09/2009 13:53

C'est vrai...vu le nombre grandissant de remakes ;-)