TOP 20 décennie 2000/2009

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Une décennie…

Comme disaient les guignols à une certaine époque…Putain….10 ans !!!

C’est à la fois court, et vraiment long. C’est qu’il s’en est passé des choses durant cette décennie, tant dans nos vies personnelle que dans le monde entier. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est évidemment ce qu’à pu nous offrir le septième art, et ses nombreux réalisateurs, acteurs, et actrices bien entendu.

Alors que beaucoup de blogueurs publient leurs préférences, les choix sont aussi divers que surprenant parfois. Ressenti personnel, véritable succès public et critique, influences des cérémonies ou simple bouche à oreille plébiscite, certains films arrivent à sortir leur épingle du jeu, alors qu’ils n’étaient pas attendus, d’autres au contraire se rétament lamentablement alors que beaucoup pensaient à un succès certain.

C’est la loi du public, parfois de bonnes surprises pour les créateurs de l’œuvre, et toujours une passion de la part d’un public toujours aussi conquis par cette manipulation par l’image sur nos consciences avides d’histoires en tous genres.

Ainsi donc, il aura fallu faire un choix difficile pour élire les 20 meilleurs films de cette décennie.

Comme dit précédemment, ce n’est qu’un avis bien personnel, un ressenti purement passionnel. Je n’ai également pas la prétention d’avoir vu tous les films sortis entre le 01 janvier 2000 et le 31 décembre 2009…loin de là. Aussi, ce classement serait certainement différent en ayant vu tous ces films que je n’ai pas eu l’occasion de voir.

Parce qu’il m’est bien impossible finalement de mettre un ordre précis de préférence entre ces divers longs métrages (et ce n’est pas faute d’avoir essayé), je les ai donc classés par ordre de sortie annuelle. Une manière comme une autre de présenter la finalité des films qui m’ont le plus apporté, tant visuellement qu’émotionnellement parlant.

Choix difficile s’il en est, voici donc mon choix personnel…

LA LIGNE VERTE (03/2000)

Frank Darabont est probablement le seul (avec Rob Reiner également) à avoir su valoriser les œuvres écrites de Stephen King. En choisissant des nouvelles pas forcément horrifiques de l’écrivain, qui ont pourtant fait son succès, il prouve que King n’est pas qu’un malade mental avide de sang et de monstres en tous genres. En effet, l’écrivain, un vrai finalement, sait aussi profondément analyser le comportement humain et en faire des œuvres plus fortes encore que des histoires horrifiques loin de la réalité.

En adaptant sur plus de 3 heures un monde carcéral (c’était déjà le cas dans Les évadés) le réalisateur réussit le pari insensé de raconter une histoire pleine d’humanité, de tendresse et quelque part de poésie, sans jamais lasser son auditoire.

Les acteurs, du premier rôle, aux nombreux seconds, participent donc à un monumental morceau de cinéma où le fantastique se dispute à l’horreur de la mentalité de certains protagonistes. Un chef-d’œuvre absolu et un coup de cœur réel.

 

A TOMBEAU OUVERT (04/2000)

Si Martin Scorsese s’est lui-même longtemps considéré comme n’étant pas un bon réalisateur (leGaumont Buena Vista International (GBVI) public lui a depuis prouvé le contraire), force est de reconnaître que tous ses films possèdent une force étrange et hypnotique. Si Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis et Casino peuvent à eux seuls résumer sa carrière cinématographique, il en est un qui est souvent injustement oublié dans sa filmo. A tombeau ouvert…même s’il reprend à peu de chose près les errances nocturnes de Taxi driver, transposées dans le monde médical des ambulanciers, ce film regorge de plans divers, magnifiés par une photographie exceptionnelle, et une bande son qui colle toujours au récit.

Caméra fluide et aérienne, gros plans puissants, montage hallucinant, et quelque part halluciné, le film reste une des pièces maîtresses du savoir faire du cinéaste, et pour ma part, l’un de ses films les plus aboutis visuellement. Du vrai cinoche, par un grand du 7ème art.

  

GLADIATOR  (06/2000)

Collection Christophe L.Si la technique et le style de ce réalisateur hors norme qu’est Ridley Scott ne sont plus à prouver, cette tentative de revival du péplum (genre pourtant délaissé depuis bien des années et dont les quelques rares tentatives de résurrection se sont soldées par de cruel échecs publics) à eu le mérite de renouveler un genre peu attractif (La Jeanne d’Arc de Luc Besson n’a pas réellement passionné les foules) et de relancer des projets du même genre (Alexandre, Troie, ou bientôt Le choc des titans remake des années 80 etc…)

Avec cette épopée guerrière (que Mel Gibson avait brillamment remis au goût du jour avec son sublime Braveheart), forcément violente, le réalisateur met en scène une histoire simple dans son propos, mais puissante visuellement, en grande partie grâce à des acteurs impliqués et à des décors grandioses, sublimés par une mise en scène énergique et un montage rigoureux qui immerge le spectateur dans une œuvre marquante à plus d’un point.

Mêlant histoire, drame familial, honneur, courage, vengeance…le film est une tornade visuelle, aussi efficace que profonde, qui prouva à l’époque que le frère aîné des Scott était des plus à l’aise dans tous les styles cinématographiques. Un must incontournable.

  

MEMENTO (10/2000)

Si les coups d’éclats scénaristiques dans le cinéma, sont aujourd’hui nombreux, le fait de commencer un film par la fin n’est pas nouveau. Une façon comme une autre de faire naître un suspens même si l’on sait déjà la fin. La série Colombo allant même à l’encontre du style narratif traditionnel en montrant au tout début l’assassin commettre son crime. Tout l’intérêt étant donc dans la manière du détective de découvrir la vérité.

Christopher Nolan, fait ici encore plus fort, puisqu’il commence non seulement par la fin, mais ne revient pas au début de l’histoire afin d’en présenter tout les tenants et les aboutissants. Alternant N/B & couleur, et structurant un scénario à rebours qui commence de Z pour terminer à A, le cinéaste bouscule les règles établies, malmène le spectateur, le manipule comme jamais et nous livre une œuvre d’une originalité certaine propre à surprendre tout amateur de cinéma d’auteur différent.

Car c’est aussi ça le cinéma…pas seulement des acteurs, des décors et des travellings ou autres mouvements de caméra, mais aussi une histoire complexe à laquelle il faut s’accrocher pour rassembler toutes les pièces du puzzle. Du grand art.

 

TIGRE & DRAGON (10/2000)

Si les asiatiques (Chine, Japon ou Inde) possèdent leur cinéastes depuis nombre d’années, ils ne sont arrivés que très tardivement dans le paysage cinématographique occidental. Le public n’étant pas forcément prêts à une violence parfois excessive, trop stylisée, qui rendait cette dernière presque poétique, alors en totale contradiction avec la notion de violence occidentale, toujours emprunte d’un manichéisme incontournable.

Le film d’Ang Lee a su changer la donne et reste un des tous premiers à avoir su charmer un public réticent à une morale différente, intimant une profondeur psychologique plus poussée, et un romantisme exotique à un public peu habitué à cela.

Si les chorégraphies aériennes affichent un total manque de crédibilité, et les combats une violence exacerbée, la mise en scène, la photographie, la musique, et les effets visuels finissent de parachever un style qui sera par la suite très largement copié.

Mais qu’on se le dise, Tigre & Dragon fût là bien avant les autres en mixant très habilement romance, épopée guerrière, style visuel inédit et histoire d’un autre âge. Une révélation, et un vrai beau film.

 

TRAFFIC (03/2001)

Pas trop fan du travail de Steven Soderbergh, j’avoue avoir été plus que conquis par ce long réquisitoire sur la drogue, et ses nombreux dommages collatéraux. Par ailleurs, la scène avec la fille de Douglas, en caméra subjective où elle se fait grimper par son dealer pour avoir sa dose, est pour ma part une des meilleures séquences anti-drogue qu’il m’ait été donné de voir. Empruntant quelque peu le style narratif du mexicain Innaritu (Amours chiennes l’année précédente), le réalisateur alterne trois histoires qu’il différencie par des filtres colorés et une photographie propre à chaque destin des personnages, afin de mieux mélanger ces derniers et nous faire comprendre le lien qui les unit tous.

Une galerie d’acteur et d’actrices (Michaël Douglas, Benicio Del Toro en tête) qui laisse rêveur, mais qui ne surcharge pas le nombre de personnages différents. La mise en scène complexe, due aux nombreux personnages et à la trame scénaristique, se révèle au final, surprenante de fluidité, lisible en tous points de vues et fait de l’ensemble un formidable patchwork qui reflète un monde en mouvance constante, dont nous sommes tous, à un moment ou l’autre les architectes de nos propres destinées, mais aussi celles des autres qui nous entourent. Puissant.

 

LES AUTRES (12/2001)

Parce qu’à l’heure des montages speedés, des gros effets spéciaux, des bandes sonores tonitruantes, le film d’Alejandro Amenabar nous rappelle que, parfois, la simplicité d’une mise en scène, un minima de personnages, des décors et une lumière assez casse-gueule au cinéma, il est tout à fait possible de passionner le spectateur.

Même si Shyamalan était passé par là presque 2 ans auparavant avec son bluffant Sixième sens et son twist ending…au lieu du milieu urbain hanté par un Bruce Willis spectral, l’espagnol revient aux sources du film d’épouvante, avec une vieille demeure, des secrets funestes, des personnages inquiétants et des décors propres à donner la chair de poule.

Même si tout à été fait ou presque dans ce domaine, Les autres ne renouvelle pas forcément le genre mais le remet au goût du jour en faisant revivre habilement un genre éculé et plus franchement surprenant. Pari gagné.

 

Trilogie SEIGNEUR DES ANNEAUX (2001/2002/2003)

Si Tolkien tient une place prépondérante et indiscutable dans la littérature d’Héroïc Fantasy, il a aussi très longtemps été ignoré du cinéma pour une raison simple…la richesse des mondes décrits par l’auteur était tout bonnement inadaptable à l’écran sans un usage massif d’effets spéciaux coûteux et un film à rallonge qui n’auraient pas trouvé preneur, tant dans la production, que dans la réalisation, toutes deux jugées risquées et fatales en cas d’échec.

C’était sans compter sur la passion d’un réalisateur bidouilleur et talentueux qui s’attelle à l’écriture d’un scénario monumental. Un travail titanesque dans l’adaptation d’une œuvre qui couvre près de 2000 pages d’écritures dans certaines éditions, et qui est dès le départ annoncéeAffiche de la trilogie. Metropolitan FilmExport (tout comme le livre) comme une trilogie.

Avec un budget presque dérisoire face aux productions US, le néo-zélandais décide de tourner chez lui afin de réduire les coûts, et aussi pour que les studios lui foutent un peu la paix. Bien lui prend, car les paysages sont ici grandioses et d’une beauté sauvage propre à faire vivre sur grand écran les contrées de la Terre du milieu.

Bien entendu, le barbu fan de gore humoristique à ses débuts, était attendu au tournant, tant par les studios que par les fans de Tolkien qui en attendaient un spectacle sans précédent, loin de la tentative animée de Bakshi qui ne faisait que survoler l’ensemble.

La communauté de l’anneau, Les deux tours et Le retour du roi, considérés à juste titre comme une œuvre unique et non triple, réussissent donc tous trois à balayer toutes les inquiétudes des fans de l’auteur et des studios.

Avec le succès acquis sur toutes ces années de travail harassant, Peter Jackson obtient le respect de tous et gagne la confiance des studios.

Presque 12 heures de métrage pour une œuvre monumentale qui regroupe tous les ingrédients du cinéma actuel…action, aventure, romance, fantastique, guerre, comédie…et tout ce qui en découle…l’émotion et l’intensité d’un cinéma authentique qui tiendrait presque du miracle dans une industrie souvent vénale et sans âme.

Jackson nous prouve ici le contraire, pour notre plus grand bonheur, et c’est tout à son honneur.

 

AMELIE POULAIN (04/2001)

Vu à l’occasion d’une fête du cinéma, presque à reculons je dois l’avouer, parce que les autres salles affichaient complet, j’en suis ressorti comme beaucoup complètement envoûté par le charme d’Audrey Tautou, mais surtout par une histoire décalée, brillamment mise en scène par un réalisateur qui m’avait laissé des souvenirs mitigés de sa collaboration avec Marc Caro.

Pas très fan du cinéma français, et encore moins de ses comédies, le film de Jean-Pierre Jeunet m’a réconcilié avec un cinéma d’auteur à la fois intelligent et populaire, prouvant au passage que cette association est donc possible.

Une galerie de personnages typique et fantasques pour une histoire qui se veut comme un conte moderne et urbain, la petite Amélie a su me toucher au cœur, et Jeunet lui, a su émerveiller mon intellect.

Utilisation subtile, poétique et drôle des effets spéciaux, sincérité et naturel des comédiens, ce film marque donc un tournant dans le cinéma français et demeure une surprise pour tout le monde car, des aveux de Jeunet lui-même, tout était voué à l’échec…difficulté de rassembler les capitaux, titre à rallonge, histoire et romance désuète très improbable…le cinéaste s’accroche tout de même à sa vision de l’histoire et charme à l’époque une bonne partie du public et de la presse…fait assez rare pour être souligné.

  

MONSTRES & Cie (03/2002)

PIXAR… à l’évocation de ce nom, un seul mot nous vient à l’esprit…Excellence. Qualité des scripts, rigueur des animations, foisonnement d’idées toutes plus subtiles les unes que les autres, le petit studio devenu grand a su, au fil des années, acquérir un renommée sans cesse grandissante. Chaque œuvre du studio se démarque par une qualité visuelle indéniable et une recherche de l’efficacité scénaristique. Les membres de l’équipe n’hésitent d’ailleurs pas à remodeler plusieurs fois des scripts qui ne sont pas parfaits à leurs yeux.

Bien sûr, aujourd’hui en 2010, nombre de longs métrages peuvent prétendre à cette excellence qui a fait du studio ce qu’il est. Des Toy Story à Là-haut en passant par Nemo et Wall-E, tous sont de fabuleux voyages dans le pays de l’animation digitale, et parfois 3D. Aussi, si mon choix se porte sur Monstropolis, c’est parce que le script possède une originalité certaine, et regorge de trouvailles visuelles et scénaristiques. Un gros coup de cœur pour Sully et la petite Bouh, qui nous ramènent tous deux à notre enfance et à nos peurs des monstres et du noir, pour en faire un joli conte à la fois drôle et émouvant. Gros…voire même énorme coup de cœur.

 

LA CITE DE DIEU (03/2003)

Véritable uppercut de cette année 2003, le film de Fernando Meirelles est un choc visuel comme rare il m’a été donné de voir. Violent à l’extrême, mais d’une violence différente de ce qu’on peut voir habituellement au cinéma. En décortiquant les mécanismes de cette violence d’abord d’un microcosme (une favela de Rio), puis d’un quartier (guerre des gangs et représailles), le résultat est limpide et en l’appliquant à plus grande échelle à une région, puis un pays, on arrive à comprendre ce qui fait basculer le monde dans cette dite violence.

Une grande leçon, outre de cinéma de par sa photographie et son montage, d’humanité fébrile. Pour ceux qui ne l’auraient pas vu et qui voudraient comprendre pourquoi ce film fait l’objet d’une telle vénération sur certains blogs, je vous invite à cliquer ICI vers un article que j’avais écrit il y a quelques mois, et qui décrit plus en détails les nombreuses qualités de ce film. Puissant et fascinant.

 

MYSTERIOUS SKIN (03/2005)

 Quel film étrange que celui-ci…j’en avais entendu parler comme d’un ovni cinématographiqueMK2 Diffusion (la métaphore est des plus justes finalement) et c’est ce qu’il est véritablement. En brouillant les cartes, le réalisateur Gregg Araki, nous livre un film visuellement très maîtrisé (à la photographie essentielle et superbe), mais aussi une histoire touchante à la sensibilité rare.

Abordant de front ou de travers plusieurs sujets tabous, son acteur principal Joseph Gordon-Lewitt brille littéralement dans ce film à la fois étrange et fascinant au final déroutant et presque poétique malgré la noirceur du propos.

Si vous ne connaissez pas ce film, et que ces quelques mots vous ont donné envie d’en savoir plus sur ce film fabuleux, je vous invite à lire l’article que j’avais écris en cliquant ICI.

 

FRERES DE SANG (05/2005)

United International Pictures (UIP)A l’instar du Soldat Ryan, dont il s’inspire très largement, ce film coréen est un film de guerre puissant qui prend vraiment aux tripes. Avec peu de moyens, le réalisateur a réussi à faire au moins aussi bien que son homologue américain, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Ce film de guerre est d’autant plus cruel qu’il reprend le conflit armé entre les deux Corée, Nord et Sud. Sorte de guerre de sécession asiatique, la culture de ce peuple est ici mis en avant afin de mieux mettre en avant le déchirement fraternel d’un tel conflit.

Pas trop politisé, le film met plus l’accent sur les relations entre deux frères qui, au lieu de se rapprocher, vont se confronter à leurs vraies natures respectives.

Un drame de guerre puissant, aux batailles violentes (quelles batailles ne le sont pas finalement ?) qui font de ce film un exemple de maîtrise filmique.

Gros succès en Corée, le film souffre néanmoins chez nous de la comparaison avec le film de Spielberg. Dommage, car si la trame est similaire, la profondeur psychologique des personnages est ici mis beaucoup plus en avant.

Pour plus détails, et pour ceux que ça intéresse, je vous invite à lire l’article que j’ai écris sur ce film…en cliquant ICI.

  

KILL BILL (1&2) (2003/2004)

Tout comme Le seigneur des anneaux, le diptyque de ce réalisateur devenu incontournable enTFM Distribution seulement deux films, ne peut, à mes yeux, être scindé en deux parties distinctes, et se doit d’être vu dans son intégralité. Il compte donc ici comme un.

Dans cet exercice de style, brillant et spectaculaire, Quentin Tarantino se lâche et mélange les genres en se référant toujours à ses maîtres qui ont bercé son passé de cinéphile. Imbroglio paradoxalement incroyable de maîtrise, le film passe du thriller noir, au film de kung-fu, en incluant du western… et du N&B à la couleur en passant par l’animation manga.

Un gloubi-boulga qui aurait fort bien pu être difficile à digérer, mais qui, grâce à la passion d’un réalisateur hors norme, se déguste sans honte, même devant une violence extrême, ici stylisée à l’extrême. Un cinéma viscéral, totalement décomplexé, qui bouscule les règles établies afin d’en forger de nouvelles, qui écrase les références académiques pour briller au firmament du cinéma d’auteur décalé et extrême. C’est aussi ça le talent…Celui de faire du neuf avec du vieux, en réinventant des recettes plutôt chargées tout en ouvrant l’appétit du spectateur qui ne manque pas d’en redemander. Grandiose.

  

LE PARFUM (10/2006)

Metropolitan FilmExportBien que n’ayant pas lu le livre dont est tiré ce film, force est de constater que l’adaptation n’a pas du être très facile. Mais en soignant sa mise en scène, ses cadrages, sa photographie, ses décors, le réalisateur surdoué allemand Tom Tykwer (Cours Lola cours, L’enquête) réussit un tour de force en retranscrivant à l’écran un sens bien difficile à exploiter…l’odorat.

Force des images, montage rigoureux et son en adéquation parfaite avec ce qu’il filme, le réalisateur signe là un film d’époque saisissant à bien des niveaux.

Il soigne le moindre détail de décors hyperréalistes, où l’on peut presque sentir la crasse des marchés moyenâgeux.

La musique également aide à se plonger dans cette histoire unique, fascinante, et sordide quelque part. Si la fin peut paraître somme toute assez décalée, et dangereusement casse-gueule, le métrage se révèle comme une expérience visuelle unique. En exploitant avec une rare efficacité une multitude de gros plans, le réalisateur nous plonge au plus profond de l’esprit génial et à la fois sordide d’un tueur hors norme. Fascinant.

 

BABEL (11/2006)

Dernier volet de son triptyque sur l’interaction des peuples (après Amours chiennes et 21Affiche américaine. Mars Distribution grammes) le film d’Alejandro Gonzales Innaritu se pose comme le plus abouti. Pas parce que Brad Pitt et Cate Blanchett sont à l’affiche…au contraire il aurait été préférable de prendre des acteurs de moindre envergure, mais parce que le montage du film est ici plus fluide, plus lisible, donc plus efficace.

Beaucoup plus subtil que son homologue américain oscarisé Collision, il délaisse l’extrême racisme totalement dénué de style du film de Paul Haggis pour une approche plus en phase avec le monde qui nous entoure.

Comme un photographe urbain moderne, Innaritu filme ses acteurs au plus près, de façon intimiste, puis dans des plans larges, les noyant dans l’immensité et la beauté, ou rudesse c’est selon, du monde, pour les confondre avec leurs actes qui influeront sur d’autres humains qu’ils ne connaissent même pas. Du grand art, magnifié par une belle photographie et une musique en adéquation avec les images. Superbe. (article plus détaillé…ICI)

 

APOCALYPTO (01/2007)

Affiche américaine. Icon ProductionsRéalisateur décrié depuis son second film (le sublime Braveheart), Mel Gibson a depuis cumulé autant de critiques que de plébiscites pour une violence souvent crue et réaliste, propre à choquer les plus sensibles. Mais au-delà de ce fait, force est de constater que ses films possèdent une force visuelle indéniable. Une maîtrise technique doublée d’une sincérité artistique, pour le moins mise à mal sur La passion du Christ ou ici avec Apocalypto.

Tournés dans la langue d’origine (l’araméen pour le Christ et l’ancien maya pour Apocalypto) ils forcent les spectateurs à la lecture de sous-titres, ce qui n’est pas des plus populaires. Gibson le sait, et pour pouvoir imposer sa vision, il produit ses films via sa boîte Icon.

Avec Apocalypto, il réalise un survival d’une efficacité redoutable sur fond d’extinction d’un ancien peuple, en confrontant une violence séculaire entre deux tribus différentes, réitérant ainsi l’exploit de Braveheart, prouvant au passage que son succès n’est pas du à un simple coup de chance, mais à un vrai sens de l’image et la façon de raconter une histoire.

Mais c’est l’image de fin qui donne tout son sens à l’ensemble.

Pour une analyse plus en profondeur de la filmo de Gibson et sur Apocalypto, j’invite ceux que ça intéresse à venir mon article, en cliquant ICI. Grandiose (le film, pas l’article…Hmmm, quoique :-D )

 

INTO THE WILD (01/2008)

Assurément le meilleur film de l’année 2008, Sean Penn nous livre une œuvre forte, puissante, subtile et féroce à la fois. Le genre de film qu’un réalisateur rêve de tourner une fois dans sa vie. C’est chose faite pour l’acteur/réalisateur qui aura bien du mal à réitérer l’exploit.

Beauté des paysages, une photographie lumineuse (à l’image de son personnage principal), choix judicieux d’acteurs et actrices avec de vraies gueules de cinéma, ce voyage initiatique aussi sublime que férocement injuste finalement, reste un coup de poing au cœur, et un coup de cœur absolu…Un classique immédiat. Quasi parfait. (Article plus détaillé…ICI)

 

 

BENJAMIN BUTTON (02/2009)

David Fincher fait partie de ces cinéastes talentueux qui cherchent à surprendre à chaque long métrage. De son premier, troisième volet de la saga Alien…à cet étrange Benjamin Button en passant par Seven, Fight club ou Zodiac, Fincher est un faiseur d’ambiance. Issu de la génération clips vidéo, il n’était pas évident de se faire une place dans le Affiche américaine. Warner Bros.milieu du cinéma. C’est pourtant ce qu’il réussit à faire dès sa première œuvre, à laquelle il donne une orientation des plus intéressantes.

Le reste de sa filmo on la connaît, mais avec Benjamin Button il nous livre un film pour le moins aussi étrange que son titre. Difficile de dire ce qu’on pense de ce film. Bien difficile de dire si on aime, ou pas. Mais quoi qu’il en soit, force est de constater que comme James Cameron, Fincher se sert des effets spéciaux dernier cri au service d’une histoire qui possède un magnétisme fort. En effet, on reste accrocher du début à la fin, sur cette curieuse histoire de temps. Beaucoup y trouvent des longueurs, mais pour un film sur le temps, il est somme toute assez logique qu’il prenne le temps qu’il faut pour raconter cette histoire.

Si toutes les clés ne nous sont pas données, le film se révèle un vrai film de cinéma, une odyssée fabuleuse, poétique, douloureuse, sensible et parfois émouvante qui laisse songeur sur le sens de nos vies respectives. Pas un chef-d’œuvre, pas non plus un de mes films préférés, mais du vrai cinoche, par ailleurs terriblement captivant.

 

AVATAR (2009)

Je ne vais pas refaire mon article (visible ICI pour ceux qui auront le temps de le lire), vu que je m’y suis déjà bien expliqué sur mon engouement pour le dernier film de James Cameron. Pour faire court, Cameron, s’il ne réinvente pas un cinéma intelligent et subtil, ni un système 3D qu’il seTwentieth Century Fox France contente néanmoins d’améliorer, fait une fois de plus avancer l’impact des effets spéciaux numériques comme il l’avait fait à l’époque avec T2, Abyss ou encore Titanic. Mais les FX ne sont pas tout. Comme toujours avec Cameron, les personnages ont une importance capitale, et l’histoire, si elle cumule les clichés manichéens parfois à l’extrême, reste captivante, malgré son côté prévisible, dans un film qui mise tout sur le visuel. Mais quel visuel. Alors que tout est faux, une accumulation de pixels colorés, les images qui nous frappent de plein fouet, nous font découvrir un monde haut en couleurs, contrastes et profondeur de champ. Faune, flore et autochtones, tout est ici sujet à un émerveillement de tous les instants. Un feu d’artifice, vide de substance donc inutile pour certains, mais sincère hommage à une Science-fiction qui a bercé son enfance, Cameron nous livre là un film qui s’imposera à coup sûr comme une future référence. Sublime.

Voilà les petits loups…que ce top vous agrée, ou au contraire vous laisse dans un certain scepticisme, n’hésitez pas à venir le commenter, à en débattre dans l’espace commentaires. Ceux qui me connaissent savent désormais que je réponds systématiquement à chaque commentaire, qu’il aille dans mon sens ou non.

Au plaisir de vous lire…

 



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Commenter cet article

kschoice 12/10/2010 20:43

Oui je crois que, de toutes les créatures, c'est lui qui m'a laissé le souvenir le plus halluciné.

borat8 10/10/2010 13:16

Sacré bestiau en tous cas!

kschoice 10/10/2010 12:15

Bah je crois que chaque "épisode" possède son lot de séquences de bravoure et d'effets spéciaux...que dire du Ballrog dans La communeauté ? Il m'a laissé sur le cul ce monstre !

borat8 10/10/2010 11:12

Perso pour moi c'est Les 2 tours, à cause de la bataille dantesque et nocturne. Du vrai grand spectacle.

kschoice 10/10/2010 10:17

Oui je crois que tout a été dit sur Avatar :-D
Pour Le seigneur des anneaux, je préfère également Le retour du roi, avec cette bataille épique aussi violente que graphique, et surtout l'hommage même du roi aux hobbits...la grande classe. Comment ne pas aimer malgré l'improbabilité de l'existence même d'un tel anneau...c'est la force du cinoche...qu'il nous embarque dans des trucs parfois ridicule de prime abors, le talent des cinéastes et comédiens faisant le reste.