VOL 93

Publié le

(United 93)

De Paul GREENGRASS

(USA/Angleterre/France – 2005)   

Genre : drame – 1h45

Date de sortie en France : 12 juillet 2006

11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d'être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93.
En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l'appareil a été détourné et celui où il s'est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l'appareil atteigne Washington.

Mars DistributionAlors que le huitième anniversaire de cette funeste tragédie d’un certain 11 septembre 2001 résonne aujourd’hui de sa huitième année, retour sur un des rares films cinéma qui en parle de manière détournée, car pas véritablement axé sur son symbole absolu qu’est le World Trade Center.

Sur un sujet toujours tabou…encore aujourd’hui où deux versions se confrontent (attaque terroriste contre complot gouvernemental), il n’était pas aisé de s’emparer d’un tel sujet, même après 4 ans qui sépare la production du film du drame qui a marqué le début de la décennie. Certains n’ont pas hésité à crier au scandale de voir Hollywood se rabaisser à exploiter une telle tragédie.

Mais on le sait désormais, une fois la douleur passée, le désir de rendre hommage à leurs « héros » est finalement plus fort.

Reste qu’à la vision du film, on ne peut s’empêcher tout de même de se demander si l’on assiste à un véritable film estampillé « histoire vraie », ou si c’est un film de propagande de plus pour valider la version officielle du gouvernement sur les attentats du 11 septembre 2001.

Beaucoup de cafouillages médiatiques provenant du gouvernement même sont là pour confirmer les mensonges éhontés d’un gouvernement assez puissant pour berner le monde entier.

En témoigne la tragédie de Pearl Harbor…l’autorité militaire était au courant de l’attaque japonaise, mais à laisser faire, transformant cette attaque en droit légitime de riposte, tout en testant leur premier largage de bombe atomique sur le sol japonais.

En témoigne également l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, dont la théorie de Jim Garrison démontera pièce par pièce le rapport de la toute sainte commission chargée d’établir la pseudo vérité sur le drame.

Que dire également de l’alunissage de la mission Apollo XI en 1969, et de ses nombreuses fuites qui désignent le film officiel comme une contrefaçon orchestrée par la Nasa elle-même avec l’aide de Kubrick, qui réalisa un an auparavant (2001 l’odyssée de l’espace) des séquences spectaculaires grâce au matériel de cette même Nasa.

En 2001, c’est donc au tour du World Trade Center d’être l’objet de toutes les questions les plus pertinentes. Si Oliver Stone a déjà fait un film sur le sujet, ce dernier ne réitère pas ce qu’il avait fait sur JFK et se contente de tourner un pathos pour le moins déplorable, à cent lieues de l’exploit JFK. Mieux vaudra alors, pour vraiment prendre conscience de l’ampleur de la tragédie, se tourner vers le fabuleux documentaire des frères Naudet (New York : 11 septembre), deux français filmant le stage d’un pompier à New-York lorsque survint la tragédie.Mars Distribution

Pour ce qui est du 11 septembre en lui-même, plusieurs versions se confrontent. Celle, officielle, d’une attaque terroriste orchestrée par Al-Qaïda et Ben Laden, et celle, plus subversive, bien que troublante au plus haut point, d’une mise en scène gouvernementale servant de légitimité aux yeux du monde entier, pour envahir ensuite l’Irak  et détruire ses armes de destruction massive, encore introuvables à ce jour (mention spéciale à Colin Powell et sa fiole « terrifiante »).

Il est vrai que beaucoup de faits sont discutables, et ont fait l’objet de nombreux documentaires (voir le plus que troublant Loose change – Facing the evidence et Loose change 2)…parmi ces faits…la difficulté énorme (bien que possible pour des pilotes confirmés) de viser une tour par des apprentis pilotes, qui tendra à suggérer un système de guidage laser, l’impossibilité technique de l’effondrement des tours malgré la chaleur infernale générée par l’incendie de kérosène, de nombreux témoignages relatant des explosions multiples ressemblant à une destruction par explosifs comme le font ceux qui détruisent des bâtiments de toutes sortes,  l’absence totale de photos sur l’attaque du Pentagone, endroit pourtant surveillé par près d’une centaine de caméras, le diamètre du trou dans le mur d’enceinte qui ne correspond aucunement avec la taille d’un avion, sans compter la présence d’une ou deux pièces métalliques seulement, parfaitement propres de surcroît, et censées appartenir à cet avion, et pour finir aucun débris humain ou de l’appareil de ce désormais fameux vol 93…puis pleins d’autres petites choses dont on pourrait débattre pendant des heures…

Mars DistributionBref, avant que cet article ne soit l’objet de toutes les réactions fiévreuses, passons sur le côté légende de la tragédie pour se focaliser sur le film lui-même. Après tout ce blog est avant tout un espace de partage essentiellement dédié au cinéma, alors…

Le film, après visionnage, se veut donc plus un hommage, qu’un véritable désir d’engranger des sommes faramineuses sur une quelconque histoire vraie. Il faut dire que le projet était somme toute assez risqué…il n’était pas évident que les américains soient près à l’époque pour revivre cette tragédie, encore alors bien présente dans les pensées. Aucune rumeur n’a d’ailleurs filtré sur ce tournage pour éviter toute pression médiatique. Il semble que ce soit un coup réussi car le film et son réalisateur-scénariste récoltent nombre de distinctions en tous genres.

Le réalisateur, Paul Greengrass s’attèle donc alors à l’écriture d’un scénar retraçant les derniers instants des passagers du vol 93, dont la cible, pour rappel, était la Maison Blanche. Force est de constater que Greengrass confirme son talent de mise en scène. Si la caméra à l’épaule, tellement désagréable car trop tremblante sur d’autres films, est ici le seul moyen utilisé, le résultat est des plus efficaces, et cette dernière permet des plans au plus près des passagers, notamment dans la séquence de révolte finale, qui fera, semble-t-il échouer les sombres desseins des terroristes.

La tension est progressive, dans une mise en scène sobre mais prenante, à l’instar de la musique (John Powell) qui l’accompagne. Le film évite ainsi tout mélo maladroit, tout en restant prenant de bout en bout, en alternant séquences de contrôles aériens, préparatifs des terroristes (sur lesquels s’ouvre le film d’ailleurs), puis du cafouillage militaire qui s’en suivra.

Si les prises d’otages et les détournements d’avion sont aujourd’hui légion dans le cinéma, ce Vol 93 restera à mes yeux un des plus réussis, avec celui de Delta Force (dans un registre différent et en occultant bien sûr les séquences baston de Chuck Norris), en utilisant au mieux un montage inspiré qui évite beaucoup de maladresses.

Loin de s’attarder sur les conversations téléphoniques larmoyantes ou l’incompétence desAffiche américaine. Universal Pictures différents services de l’état, le film nous pose en spectateur d’une tragédie annoncée, mais réellement prenante…à un point tel que, malgré notre connaissance des faits et de l’issue fatale de ceux-ci, on espère presque que les passagers vont pouvoir s’en sortir face au dilettantisme des terroristes, en tentant une ultime révolte, violente, parfaitement filmée par un réalisateur décidément troublant dans tout ce qu’il filme. Les Jason Bourne sont là pour témoigner de l’efficacité de sa mise en scène (voir également  l’excellent Bloody Sunday sur la confrontation entre catholiques et protestants irlandais, qui fit 13 morts en 1972).

Si l’on met donc de côté le mystère qui plane sur cette tragédie, bien réelle malheureusement, le film se veut un vrai moment fort de cinéma. Le style de Greengrass, que l’on reconnaît facilement par son côté réaliste, fait de ce film, au-delà de toute considération subversive liée à la tragédie, un drame humain fort et poignant qui évite les ficelles larmoyantes du genre. Une vraie réussite qui se rapproche du documentaire en faisant tourner de parfaits inconnus pour plus de réalisme encore. Seule ombre au tableau…la post synchro. Très moyenne, on préfèrera alors la VO si possible. Reste un film qui n’est en aucun cas une perte de temps, et ça, c’est déjà énorme. 15/20

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kschoice 16/10/2009 19:03

Exact, tout comme ici, la structure est la même, et la tension monte crescendo.

Vincent Hulin 15/10/2009 16:12

A voir l'excellentissime 'Bloody Sunday'...

Kschoice 08/10/2009 18:02

De rien Pierre, ce blog, aussi difficile à tenir soit-il (vu la lenteur et l'inaccessibilité constante de l'interface) est essentiellement là pour ça. Aussi, malgré les difficultés d'édition des articles, je suis heureux de voir que je n'oeuvre pas pour rien.
N'hésites pas à revenir donner ton avis quand tu l'auras vu ;-)

Pierre 07/10/2009 16:29

ça me donne envie de le voir, merci pour ce bel article ! :-)

Kschoice 28/09/2009 10:31

Effectivement, comme j'en parlais dans l'article, le WTC de Stone était d'un pathétique absolu, surtout avec la prestation d'un Cage pour le moins déplorable.
Greengrass et son style documentaire, qui d'ordinaire ne me plaît pas vraiment mais qui ici est utilisé à merveille, réussit un film à l'atmosphère pesante, qui vaut surtout par la mise en image d'une tragédie annoncée. C'est bien là où le réalistateur fait fort, car avec une histoire où l'on connaît déjà la fin, il réussit tout de même à nous prendre en otage également, sans pour autant nous lasser.
Encore faut-il être objectif et mettre de côté les doutes, pour se concentrer exclusivement sur l'oeuvre ciné.
J'ai des copains qui n'ont pas su faire abstraction de la théorie du complot, et donc par conséquent n'ont pas apprécié le travail effectué sur ce film.